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Après l'incendie de Saumos, la Gironde organise l'après dans la durée

Sur la route départementale 206 vers Lège-Cap-Ferret, les arbres brûlés bordent encore la chaussée. Vers Le Porge, épicentre du sinistre, quelques sinistrés…

Rédaction L'Échoppe 33
8 août 2026 · 2 min de lecture
Monument aux victimes de Canéjan mortes dans l'incendie de 1949

TitLimo, CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons

Sur la route départementale 206 vers Lège-Cap-Ferret, les arbres brûlés bordent encore la chaussée. Vers Le Porge, épicentre du sinistre, quelques sinistrés ramassent les débris de ce qui fut leur maison. Deux semaines après le déclenchement du feu, le 22 juillet à Saumos, la Gironde tourne la page de l'urgence pure pour entrer dans celle, plus longue, de la reconstruction.

Le bilan donne la mesure de l'événement : 42 000 hectares parcourus par les flammes, 240 kilomètres de périmètre, plus de 224 000 personnes évacuées par précaution et 183 maisons détruites au seul Porge, selon les autorités. Plus de 330 pompiers ont été blessés durant la crise. Le niveau de vigilance feux de forêt, resté au rouge plusieurs jours, a été abaissé à l'orange le 4 août par la préfète Sophie Brocas.

Sur le terrain, le Département de la Gironde a déployé un dispositif baptisé « Gironde Solidaire, Incendies 2026 ». Au Porge, le Bus en+ accueille les habitants de 9h à 17h, y compris le samedi, face à l'école primaire : consultations médicales, soutien psychologique, accompagnement social. Un second bus itinérant sillonne le Bassin d'Arcachon et le Médoc, avec des permanences programmées tout le mois d'août à Lège-Cap-Ferret, Arès, Andernos-les-Bains et Lanton. Sur la plateforme Gironde Relogement Solidaire, 119 ménages, soit 283 personnes dont 77 enfants, ont été recensés au 7 août ; douze familles ont déjà trouvé un logement pour un à deux ans, le temps de reconstruire.

L'État a de son côté installé, le 2 août, un Comité local d'aide aux victimes coprésidé par la préfète, la procureure adjointe Ethel Blans et la déléguée interministérielle Alexandra Louis. Un France Services Victimes doit ouvrir au Porge, une enveloppe de 40 000 euros finance une permanence juridique avec le Barreau de Bordeaux, et un numéro vert (0 800 719 912) oriente vers deux cellules médico-psychologiques.

Les témoignages recueillis sur le terrain par les agents départementaux, à Lège comme au Porge, décrivent des familles qui, selon leurs mots, « n'osent pas forcément faire le premier pas » et ont surtout besoin de raconter ce qu'elles ont vécu. Une psychologue du dispositif nuance toutefois la portée de ces entretiens rapides, rappelant qu'il s'agit d'« une impulsion » à rediriger vers des suivis plus classiques, faute de temps suffisant sur place.

Côté entreprises, la CCI Bordeaux Gironde et la Chambre de métiers ont ouvert une cellule de crise (3006, appel gratuit) pour orienter vers l'activité partielle, les reports de cotisations Urssaf ou les indemnisations pour perte d'exploitation. À Eysines, dont la zone extra-rocade avait été évacuée du 25 au 28 juillet, la mairie détaille les démarches de remboursement auprès des assurances.

Le comité de suivi du CLAV doit désormais se réunir chaque semaine pour ajuster les réponses aux besoins des sinistrés. Reste, pour des centaines de familles, la question la plus incertaine : combien de temps faudra-t-il pour reconstruire ce que le feu a pris en quelques jours.

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