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Bordeaux Centre — Culture

Baco Music, le label né avec Danakil, souffle ses quinze ans à Bordeaux

Né avec le groupe Danakil en 2011, le label indépendant revendique 8 millions d'euros de chiffre d'affaires et 35 salariés, quinze ans après sa création.

Rédaction L'Échoppe 33
8 septembre 2026 · 2 min de lecture
black and green audio mixer

Photo by James Kovin on Unsplash

Un artiste ajuste son casque, une prise démarre, et derrière la vitre du studio, Mathieu Dassieu écoute, satisfait. À deux pas de la place de la Victoire, le label indépendant Baco Music a posé ses valises depuis sept ans. Il fête cette année ses quinze ans d'existence.

L'histoire ne commence pourtant pas en Gironde. Elle démarre en 2011 dans les Yvelines, quand les membres du groupe de reggae Danakil décident de créer leur propre structure après une déconvenue avec un producteur. "On avait envie d'être plus indépendants", raconte Mathieu Dassieu, saxophoniste et manager du groupe, devenu directeur de Baco Music. Pensé au départ pour produire uniquement les disques de Danakil, le label attire vite d'autres artistes.

Les tournées estivales du groupe, qui l'emmènent régulièrement du côté de Bordeaux et jusqu'à Hendaye, finissent par convaincre l'équipe de franchir le pas. En 2018, Baco Music s'installe dans la capitale girondine. "À Paris, vu le prix du foncier, nous n'aurions jamais pu créer des bureaux avec un studio d'enregistrement en plein centre-ville", explique le fondateur. La structure associative devient alors un label dit "360", qui produit, édite, distribue et accompagne ses artistes à chaque étape.

Ce choix s'appuie sur un terreau local déjà installé. La Nouvelle-Aquitaine soutient de longue date l'édition et la production phonographique des labels indépendants via un dispositif régional dédié, recensé par l'agence culturelle régionale L'A. "C'est une des régions les plus généreuses en matière d'aides aux structures comme la nôtre, et ça change vraiment la donne", souligne Mathieu Dassieu. Il cite aussi la densité de salles bordelaises, du Barbey au Rocher de Palmer en passant par le Krakatoa.

Paris reste toutefois indispensable. Une partie des équipes y demeure, au plus près des plateformes de streaming et des partenaires de la filière. "Il est indispensable d'y conserver une représentation", reconnaît le fondateur, qui relativise grâce à la LGV et aux outils numériques: "On peut très bien vivre à Bordeaux tout en restant connecté à l'industrie musicale."

Quinze ans après sa création, le label revendique huit millions d'euros de chiffre d'affaires et 35 salariés, dont une quinzaine à Bordeaux. Son catalogue s'est éloigné du seul reggae d'origine: il compte aujourd'hui Sinsemilia, le rappeur belge Peet, le groupe Trois Cafés Gourmands ou l'artiste québécoise Natasha St-Pier.

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