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Bordeaux — Société

Bordeaux généralise les contrôles du personnel pour protéger les enfants des violences

La municipalité étend les contrôles d'honorabilité à ses propres agents et repense les espaces scolaires pour éviter tout isolement adulte-enfant.

Rédaction L'Échoppe 33
8 septembre 2026 · 2 min de lecture
an empty classroom with desks and chairs

Photo by yassine rahaoui on Unsplash

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Un vestiaire, une salle isolée, une garderie après l'école : ce sont ces recoins du quotidien scolaire que la Ville de Bordeaux veut désormais reconfigurer. Présenté le 8 juillet par le maire Thomas Cazenave et l'adjointe à l'éducation Anne Fahmy, le plan municipal de lutte contre les violences faites aux enfants entre en application avec la rentrée. Il applique, selon la mairie, l'intégralité des recommandations de la Ciivise, la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants.

Le dispositif dépasse le cadre des écoles : accueils périscolaires, conservatoire, bibliothèques, équipements sportifs et culturels sont concernés. Dans le périscolaire, secteur confié à des associations, les animateurs font déjà l'objet de contrôles d'honorabilité à l'embauche puis plusieurs fois par an, via le casier judiciaire, le fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes et le fichier des cadres interdits. La Ville veut étendre cette vérification régulière à ses propres agents, en particulier les Atsem, jusqu'ici contrôlées uniquement au moment du recrutement.

Le plan prévoit aussi une formation de l'ensemble des personnels au repérage des signaux faibles et à l'écoute de la parole de l'enfant, un renforcement du suivi par la médecine scolaire, et l'intégration des signalements au dossier médical de l'enfant. Sur le plan architectural, la municipalité entend limiter les situations où un adulte se retrouve isolé avec un ou plusieurs enfants, en repensant certains espaces sensibles comme les sanitaires, et en intégrant ce principe dès la conception des futurs groupes scolaires.

En cas de faits signalés, un protocole unique associera désormais la Ville, le Parquet, l'Éducation nationale et des associations, avec retrait immédiat des personnels mis en cause. Des ateliers sur le consentement et le respect du corps doivent aussi être développés, en complément des séances d'éducation à la vie affective dispensées par l'Éducation nationale, avec un rappel renforcé du numéro d'alerte 119.

"Nous avons une responsabilité politique et morale à tout mettre en œuvre pour garantir à chaque enfant un environnement sécurisé et propice à son épanouissement", a déclaré Thomas Cazenave lors de la présentation du plan.

La Ciivise, dans son bilan publié en juin, évalue à 160 000 le nombre d'enfants victimes de violences sexuelles chaque année en France, soit un enfant toutes les trois minutes, et constate que seulement 28 % de ses 82 recommandations formulées en 2023 sont pleinement appliquées à l'échelle nationale.

Une journée d'assises d'information et de sensibilisation aux violences faites aux enfants est annoncée le 19 novembre, à l'occasion de la Journée mondiale de prévention de la maltraitance.

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