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Écoles fermées, cantines à sec : la métropole bordelaise sous le préavis de grève du 29 septembre

Écoles fermées, cantines fermées ou en pique-nique de secours : la grève nationale du 29 septembre contre le gel des salaires publics touche toute la métropole.

Rédaction L'Échoppe
· 3 min de lecture
Les Gilets Jaunes

Patrice CALATAYU from Bordeaux, France, CC BY-SA 2.0 — Wikimedia Commons

Mardi matin, dans plusieurs dizaines d'écoles de la métropole, des parents découvriront un mot punaisé sur la grille : « école fermée » ou « pas d'accueil ni de restauration ». À Bordeaux, les maternelles Achard, Barbey, Carle Vernet et Fieffe ferment purement et simplement leurs portes ce 29 septembre, ainsi que l'élémentaire Barbey. À Bègles, les écoles Jean Zay, Paul Vaillant Couturier, Jacques Prévert et Malala Yousafzai n'assureront ni garderie ni cantine. À Floirac, six groupes scolaires sur onze, dont Aragon, Jaurès et Mitterrand, ne serviront aucun repas. À Bruges, la ludo-médiathèque Le Château fermera toute la journée. À Saint-Médard-en-Jalles, aucun service minimum d'accueil n'est prévu faute d'effectifs suffisants, et deux crèches resteront closes. Le motif n'a rien de local : c'est un préavis de grève national de la fonction publique qui vide les salles de classe avant même de peser sur les cortèges.

Huit organisations syndicales, CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, appellent à cesser le travail et à manifester ce mardi, une mobilisation commune inédite depuis le 5 décembre 2024. Ce jour-là, environ 4 000 personnes avaient défilé dans les rues de Bordeaux et plus de 10 000 dans les quatre départements de l'ex-Aquitaine, pour un total national dépassant 200 000 manifestants dans plus de 180 rassemblements. À Bordeaux, le cortège de mardi partira à 12 h 30 place de la République. Les syndicats en ont déjà recensé au moins 155 dans le pays au 24 septembre, avant même le début du mouvement, signe d'une mobilisation qu'ils annoncent au moins comparable.

Pourquoi les syndicats parlent d'une quatrième année blanche

Le déclencheur immédiat tient en une ligne de budget. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé, dans un entretien au Figaro le 17 septembre, le gel du point d'indice des fonctionnaires pour 2027, une mesure censée rapporter environ 2 milliards d'euros sur les 54 milliards d'économies visées dans le prochain budget de l'État. Le point d'indice, qui sert de base au calcul des salaires des agents publics, n'a pas bougé depuis le 1er juillet 2023 : si la mesure est confirmée par le Parlement, 2027 sera la quatrième année consécutive sans revalorisation générale. Les syndicats chiffrent la perte de pouvoir d'achat qui en résulte à plus de 6 % depuis juillet 2023 et plus de 15 % sur dix ans, un calcul qui n'a pas été démenti par le gouvernement. Ils pointent aussi l'échec d'une réunion salariale organisée le 8 juillet dernier entre le ministre de la Fonction publique David Amiel, les employeurs publics et les organisations syndicales, restée sans issue concrète selon ces dernières.

Côté gouvernement, Matignon a promis d'ouvrir des discussions pour que les agents les moins bien rémunérés ne soient pas exposés de plein fouet à l'inflation, sans toutefois revenir sur le principe du gel. Aucune réaction locale d'élu métropolitain ou municipal n'a été rendue publique à ce stade sur le fond du dossier salarial, les mairies concernées se bornant à communiquer sur l'organisation pratique de la journée.

Ce que le service minimum garantit, et ce qu'il ne garantit pas

Dans le premier degré, la loi impose un accueil des élèves dès lors qu'au moins 25 % des enseignants d'une école ont déclaré leur intention de grève, une déclaration obligatoire 48 heures à l'avance rappelée par le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray. Ce service minimum garantit une surveillance, pas un enseignement ni un repas chaud. Selon les prévisions communiquées mardi par le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, environ 40 % des enseignants des écoles publiques seraient grévistes à l'échelle nationale. Sur le terrain métropolitain, cela se traduit par une mosaïque de situations : à Bordeaux, la mairie distingue trois cas, l'accueil normal, le repas de secours quand le personnel non gréviste suffit à cuisiner, et le pique-nique fourni par les familles quand seule la surveillance peut être assurée. Plusieurs écoles bordelaises, comme Albert Barraud ou André Meunier, basculent ainsi vers ce dispositif dégradé sans fermer complètement.

Les transports urbains ne sont pas épargnés : des perturbations sont annoncées sur le réseau tram et bus de Bordeaux Métropole, avec des arrêts momentanés et des déviations possibles de lignes traversant l'hypercentre pendant le passage du cortège. Les mairies invitent les familles à consulter, commune par commune, l'état de fonctionnement de leur école la veille au soir et le matin même, plusieurs listes étant encore susceptibles d'évoluer jusqu'au dernier moment.

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