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Enquête PRISME : 56 % des étudiants bordelais interrogés ont renoncé à un soin ou l'ont reporté

L'enquête PRISME auprès de 1 578 étudiants bordelais relève 59 % de stress élevé, 42 % de symptômes dépressifs et près d'un quart de repas sautés.

· 2 min de lecture
Bâtiment de la licence Sciences et Technologies sur le campus universitaire, avec une pelouse et des étudiants assis au loin sous un ciel dégagé.

Prométhée33, CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Ils ont 22 ans en moyenne et, pour beaucoup, peu de ressources : 64 % des étudiants interrogés par l'enquête PRISME vivent avec moins de 700 euros par mois. Menée en 2025-2026 par l'Espace santé étudiants (ESE) de l'université de Bordeaux auprès de 1 578 étudiants, elle dresse un état des lieux de leur santé et de leurs conditions de vie. Les premiers résultats ont été publiés le 19 octobre.

Précarité et santé mentale

Près de la moitié des répondants disent avoir connu des fins de mois difficiles, 27 % un découvert bancaire et près d'un quart ont déjà sauté un repas faute d'argent. Les étudiants internationaux sont surreprésentés parmi eux, et les non-boursiers aussi. « On se serait attendu à l'inverse », reconnaît Amandine Fillol, docteure en santé publique qui pilote l'étude.

Côté santé mentale, 42 % présentent des symptômes dépressifs modérés à sévères, 59 % un niveau de stress élevé et 85 % des troubles du sommeil significatifs. Un étudiant sur quatre dit avoir pensé au suicide au cours des douze derniers mois. Plus de la moitié approuvent la phrase « Parfois, je pense que je ne vaux rien ».

Des soins repoussés

Sur les douze derniers mois, 56 % ont renoncé à un soin ou l'ont reporté. Les délais de rendez-vous sont cités par 22 % d'entre eux, l'argent par 20 %. Et 37 % ont pensé que « ça allait s'arranger tout seul ». Amandine Fillol relève aussi une phrase revenue plusieurs fois : « Je ne veux pas prendre la place de quelqu'un d'autre. »

Autre chiffre : 25 % déclarent ne pas utiliser de préservatif lors d'un premier rapport avec un nouveau partenaire. « L'information est nécessaire. Elle ne suffit pas », commente-t-elle.

Des limites à l'échantillon

L'ESE signale lui-même les limites de l'enquête : les participants sont volontaires, les femmes forment les trois quarts de l'échantillon, et les répondants représentent 2 % des 75 000 étudiants des campus bordelais. Ils sont inscrits à l'université de Bordeaux à 60 %. Huit étudiants relais sont allés à la rencontre de leurs pairs pour recueillir les réponses.

La solitude, priorité de l'année

L'ESE veut cette année s'attaquer à la solitude : 45 % des répondants présentent un niveau modéré à sévère, et plus de la moitié n'ont aucune activité associative, culturelle ou sportive hors des études. Le festival Feel Good Campus, organisé chaque octobre, vise à donner envie de venir sur les campus pour autre chose qu'un cours.

L'ESE prépare aussi une grille de lecture qui croise les facteurs de vulnérabilité (argent, isolement, sommeil, discrimination, handicap, pression des études) plutôt que de les traiter séparément. Les hommes ne forment qu'un quart des répondants : dès l'automne, des « cafés sexo » masculins seront expérimentés. L'enquête sera désormais menée chaque année, et ses résultats ouverts aux équipes de recherche.

L'université rappelle que l'Observatoire national de la vie étudiante a publié en juillet 2026 un rapport confirmant l'ampleur des difficultés psychologiques et des obstacles à l'accès aux soins.

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