Ça buzz à Bordeaux — Fonte et flash : comment le #GymTok a transformé les salles de sport bordelaises en plateaux de tournage
Un compte parti d'un garage bordelais culmine à 1,1 million d'abonnés TikTok et ouvre une salle de 1 800 m² en plein centre-ville.

Photo by Jelmer Assink on Unsplash
Trépied planté entre deux racks à haltères, téléphone calé face au miroir, musique qui monte : la scène est devenue banale dans nombre de salles de sport de la métropole. Elle porte un nom sur les réseaux sociaux, #GymTok, une déclinaison fitness du grand mouvement des vidéos de transformation physique qui domine TikTok depuis plusieurs années. Le principe est simple : routines d'entraînement filmées dans le détail, plans « avant/après » sur plusieurs semaines ou mois, rituels du matin avant la séance, mise en scène du corps qui change. Le genre s'est banalisé au point que certaines enseignes en ont fait un argument commercial à part entière.
Vu sur les réseaux
Allez-vous abonner au compte Coronagym Bordeaux centre poursuivre l’avancée des travaux🚧
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À Bordeaux, l'exemple le plus spectaculaire est celui de CoronaGymOff. Le compte, parti d'un garage où un groupe d'amis filmait ses séances de musculation sur un mode potache proche du style Jackass, a réuni plus de 1,1 million d'abonnés sur TikTok et plus de 300 000 sur YouTube, selon les chiffres affichés sur ses comptes. Cette audience a servi de tremplin à un projet bien réel : l'ouverture d'un club de 1 800 m² baptisé Corona Gym, en plein Bordeaux Centre, avec un espace musculation ouvert de 6 h à 23 h sept jours sur sept, un espace officiel affilié Hyrox (discipline hybride mêlant course et ateliers de force), un corner dédié au powerlifting et une boutique du complément alimentaire Nutrimuscle présentée comme la première au monde, selon le site coronagymbdx.fr. L'ouverture, annoncée « à la fin de l'été » sans date précise, a été précédée d'une campagne de préinscription et de vidéos de chantier postées à mesure que les travaux avançaient.
Le succès de ces formats a aussi son revers logistique. Corona Gym a dû fixer des règles pour encadrer les tournages en salle : les trépieds y sont désormais interdits du lundi au samedi de 16 h à 20 h, aux heures de forte affluence, pour éviter qu'ils n'encombrent les allées ou bloquent l'accès aux machines. Filmer au téléphone reste autorisé à toute heure, et les trépieds redeviennent tolérés en dehors de ce créneau, à condition de ne pas filmer d'autres adhérents sans leur accord.
D'autres clubs de la métropole jouent la carte plus classique de la promotion vidéo : On Air Fitness, qui revendique le plus grand plateau de musculation de Bordeaux avec plus de 1 200 m² répartis sur trois niveaux aux Bassins à Flot, alimente régulièrement son compte TikTok avec des formats de visite du club et de mise en avant du personnel. Fitness Park Chartrons et SquareGym font l'objet de contenus similaires, portés cette fois par des comptes de recommandation locale plutôt que par les enseignes elles-mêmes.
Le phénomène GymTok s'accompagne aussi de débats sur ses effets, plusieurs études évoquées dans la presse spécialisée pointant une possible influence sur la perception du corps chez les jeunes hommes exposés à ces contenus de manière répétée.
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