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À Bègles, le mur à gauche du CAB rejoue enfin contre la pluie et la nuit

Reconstruit pour 1,78 million d'euros après un défaut de structure, le mur du CAB Bègles accueille trois futurs mondialistes.

· 3 min de lecture
Itsasuko frontoia

Birasuegi, CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

L'automne s'installe sur Bègles, et pour la première fois depuis treize ans de présidence, Raymond Guillentéguy ne scrute plus le ciel avec inquiétude. Sous la tribune du stade André-Moga, un groupe de vétérans du Club Athlétique Béglais s'entraîne sans se soucier de l'heure ni des nuages, dans un fronton flambant neuf, couvert, éclairé, aux couleurs du club. « Ça change notre vie », résume le président de la section pelote basque, pris de possession du mur dans les derniers jours de septembre.

L'ancien mur, construit en 1975, n'avait ni toit ni éclairage. « Il fallait espérer qu'il ne pleuve pas trop. Et lorsque les jours raccourcissaient, cela devenait très compliqué d'organiser les tournois ou de libérer des créneaux le soir », se souvient Raymond Guillentéguy. Pendant un an, les licenciés ont joué sous la tribune de Moga ou cherché des créneaux ailleurs, le temps que la municipalité mène son chantier à son terme.

Un défaut de construction vieux de cinquante ans

L'histoire démarre par une mauvaise nouvelle. Une étude de structure commandée par la ville avait révélé un défaut de construction majeur sur le mur d'origine : du béton de mauvaise qualité et une absence d'armatures métalliques, cinquante ans après son édification. Par sécurité, l'équipement avait été fermé, puis démoli à partir du 1er août 2025. La reconstruction complète, avec toiture et éclairage, a représenté un budget de 1,78 million d'euros entièrement porté par la ville de Bègles.

Ce chantier n'est pas isolé. Il s'inscrit dans une rénovation plus large du stade André-Moga, où trois opérations tournent en parallèle : outre le mur à gauche, la conversion du terrain principal en pelouse synthétique homologuée World Rugby, réclamée par l'Union Bordeaux Bègles, pour un budget de 1,4 million d'euros partagé entre Bordeaux Métropole, l'UBB et la ville (à hauteur de 25 %), et l'extension du centre de performance CEVA du club de rugby, intégralement financée par l'UBB. Le chantier de la pelouse doit s'achever en octobre 2026, obligeant l'équipe espoirs de l'UBB à disputer ses matches à domicile à la Plaine des Sports en attendant. Au total, les deux premiers chantiers représentent plus de 3,1 millions d'euros d'investissement sur un même site, loin de l'image d'un simple rafistolage de fronton de quartier.

Aucune opposition publique ne s'est exprimée à ce stade sur ce chantier, ni sur sa répartition de financement entre collectivité et club professionnel voisin.

Trois maillots bleus pour un Mondial qui a failli ne pas avoir lieu

Le nouveau mur arrive à point nommé. Du 15 au 25 octobre 2026, Buenos Aires accueille les championnats du monde de pelote basque, une grande première pour l'Argentine : jusqu'ici, seuls l'Uruguay, le Mexique et Cuba avaient organisé la compétition sur le continent américain. L'édition a pourtant frôlé l'annulation pure et simple. En avril 2024, la province argentine de San Luis, initialement désignée pour organiser l'événement, s'était désengagée unilatéralement, invoquant un coût d'organisation jugé insoutenable, de l'ordre de 40 milliards de pesos argentins, soit près de 43 millions d'euros. La Fédération internationale de pelote basque avait dû retrouver en urgence un site de repli. Deux ans plus tard, la compétition se tient finalement dans la capitale argentine, avec un dispositif inédit : les épreuves de cesta punta se joueront de l'autre côté du Rio de la Plata, dans le jaï-alaï rénové de Colonie, en Uruguay.

Trois Béglais y porteront le maillot tricolore, du jamais-vu pour le club. En paleta pelote de gomme creuse à trinquet, Patxi Guillentéguy jouera avant et Timothé Sender arrière, tous deux confirmés dans la sélection officielle de la Fédération française de pelote basque sous la houlette du sélectionneur Stéphane Suzanne. Antoine Gonzalez disputera quant à lui l'épreuve de fronton mur à gauche 30 mètres, toujours en paleta gomme creuse, la discipline même du mur tout juste inauguré.

Le CAB est déjà le plus gros club des quarante et un que compte le comité Côte d'Argent, qui fédère environ 1 700 licenciés en Gironde, Dordogne et Charente-Maritime. Porté par son nouvel équipement, le club béglais espère voir ses propres effectifs grimper de 116 à 140 licenciés cette saison, une progression de plus de 20 % que Raymond Guillentéguy attribue à une école de pelote en forme et une section féminine qui « retrouve de l'allant ». Il verrait bien, à terme, le club candidater pour organiser des championnats de France sur son nouveau mur.

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