L'Échoppe33
● Direct

Pessac — Santé

À Bordeaux, une IRM du cœur plus rapide met les cicatrices en couleur

Une équipe bordelaise développe une IRM cardiaque plus rapide et en couleur, déjà testée à Bordeaux et Vienne.

Rédaction L'Échoppe 33
8 septembre 2026 · 2 min de lecture
A white medical radiation therapy machine with a black patient table in a clinic

Photo by Accuray on Unsplash

Quarante à soixante minutes allongé dans un tunnel, une soixantaine d'apnées à répéter sur commande : c'est le prix habituel d'une IRM cardiaque pour visualiser les cicatrices du cœur après un infarctus ou une myocardite. Une équipe de l'Université de Bordeaux, de l'IHU Liryc et du CHU de Bordeaux travaille à réduire drastiquement cette contrainte grâce à une nouvelle séquence baptisée SPOT-MAPPING, présentée mercredi dans The Conversation par son concepteur, Aurélien Bustin, professeur junior à l'université et chercheur à l'IHU Liryc.

La technique combine en une seule acquisition l'anatomie du cœur, les cicatrices du muscle cardiaque et l'œdème, jusqu'ici obtenus par plusieurs séquences successives nécessitant environ 400 réglages manuels. Elle s'appuie sur une double imagerie en « sang noir » et « sang blanc » associée à des cartographies colorées, qui remplacent les habituelles images en niveaux de gris par une représentation où chaque teinte correspond à un tissu ou une lésion. Selon l'équipe bordelaise, cette lisibilité en couleur doit faciliter le repérage de petites cicatrices sous-endocardiques, mal visibles avec l'imagerie classique dans environ 15 % des cas.

La technologie est déjà utilisée dans des hôpitaux à Bordeaux et à Vienne, en Autriche. Elle prolonge les travaux publiés en 2025 dans la revue Nature Communications par Aurélien Bustin et Hubert Cochet, validés sur plus de 500 patients atteints de cardiopathie structurelle, et financés par une bourse « Starting Grant » de 1,5 million d'euros du Conseil européen de la recherche (projet SMHEART, 2022) ainsi que par l'Agence nationale de la recherche. Un nouveau financement européen de 150 000 euros, obtenu début 2026 pour le projet Hearterix, doit permettre d'y adjoindre une intelligence artificielle capable de générer un compte rendu diagnostique complet en moins de dix secondes, contre environ dix-sept minutes pour un radiologue selon les données communiquées par l'équipe.

Les maladies cardiovasculaires ont causé 19,8 millions de décès dans le monde en 2022 et environ 73 000 en France chaque année, selon les chiffres cités par les chercheurs. Le délai d'attente moyen pour obtenir une IRM en France atteint aujourd'hui quatre à six mois, une contrainte que la réduction du temps d'examen par patient pourrait, à terme, contribuer à desserrer.

Partager