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Talence — Culture

À Bordeaux, une nouvelle technique d'imagerie térahertz double la précision des contrôles industriels

Des chercheurs bordelais multiplient par 1,8 la résolution de l'imagerie térahertz, utile au contrôle non destructif de matériaux.

Rédaction L'Échoppe 33
6 septembre 2026 · 2 min de lecture
A laboratory workbench with a microscope and analytical equipment in a bright room

Photo by Trnava University on Unsplash

Voir à travers une pièce de plastique, une plaque composite ou un tissu biologique sans les abîmer : c'est la promesse des ondes térahertz, coincées depuis des décennies entre la lumière visible et les micro-ondes du radar, capables de traverser de nombreux matériaux sans les endommager. Leur défaut historique tenait à la résolution, limitée par la longueur d'onde elle-même : à 1 térahertz, celle-ci mesure environ 300 micromètres, ce qui bride mécaniquement la finesse des images obtenues, même avec un appareil parfaitement réglé.

Des chercheurs du Laboratoire de l'intégration du matériau au système (IMS, unité Bordeaux INP, CNRS et Université de Bordeaux, installée à Talence) viennent de lever une partie de cet obstacle. Associés au Laboratoire photonique numérique et nanosciences (LP2N) de Bordeaux, au Laboratoire Kastler Brossel de Paris et à l'Optics and Photonics Centre de New Delhi, ils ont adapté au domaine térahertz une technique venue de la microscopie optique, la ptychographie de Fourier. Le principe : un miroir motorisé illumine l'échantillon sous une série d'angles différents, et un algorithme recompose ensuite ces images partielles pour synthétiser une ouverture optique bien plus large que celle du capteur physique.

Résultat, publié dans la revue Optica : une résolution spatiale multipliée par 1,8, qui révèle des détails de l'ordre du micromètre jusque là invisibles, pour un temps de traitement d'environ 90 secondes. L'étude, signée notamment par Pitambar Mukherjee, Vivek Kumar, Frédéric Fauquet, Damien Bigourd et Patrick Mounaix, a depuis été mise en avant dans la rubrique News & Views de la revue Nature Photonics, signe de son écho dans la communauté scientifique internationale.

Les applications visées restent industrielles avant d'être médicales : détection de défauts internes dans les composites aéronautiques ou automobiles, contrôle de soudures et de collages, inspection de revêtements sans découper la pièce. Le champ biomédical est évoqué à plus long terme, les tissus vivants absorbant fortement les ondes térahertz, ce qui limite pour l'instant la profondeur de pénétration exploitable. La technique reste par ailleurs un dispositif de laboratoire, encore loin d'une version compacte et industrialisable.

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