L'Échoppe33

Talence — Culture

À Talence, une fresque redonne visage à six femmes de science oubliées

Sur le mur du jardin botanique de l'université de Bordeaux, près de l'école Joliot-Curie, six visages regardent désormais les passants.…

Rédaction L'Échoppe 33
22 juillet 2026 · 2 min de lecture
wall mural

Photo by Mike Von on Unsplash

Sur le mur du jardin botanique de l'université de Bordeaux, près de l'école Joliot-Curie, six visages regardent désormais les passants. Une sage-femme du XVIIIe siècle, une naturaliste autodidacte, une pionnière des soins infirmiers, deux mathématiciennes et une chimiste contemporaine composent une fresque tout juste achevée, lauréate de la sixième édition du budget participatif de la ville.

L'idée est née d'un habitant, porteur du projet dans le cadre de cette démarche qui permet chaque année aux Talençais de proposer et de voter pour des initiatives locales. Huit projets lauréats doivent être réalisés entre 2026 et 2027 selon la mairie, celui-ci étant l'un des premiers à sortir de terre, ou plutôt de mur.

Le choix des figures dépasse le simple hommage. Angélique du Coudray, sage-femme du XVIIIe siècle qui inventa un mannequin d'entraînement à l'accouchement et sillonna les campagnes pendant vingt-cinq ans ; Jeanne Villepreux-Power, inventrice de l'aquarium ; Anna Hamilton, qui fonda à Talence même, sur le domaine de Bagatelle, un hôpital et une école d'infirmières au début du XXe siècle ; Lucienne Félix, mathématicienne arrêtée et internée à Drancy sous Vichy pour ses origines juives ; Marguerite Chopinet, première femme astronome à l'observatoire de Floirac ; et Valérie Gabelica, chimiste toujours en activité à l'Institut européen de chimie et biologie de Bordeaux, lauréate du prix recherche de l'Inserm en 2022. Trois d'entre elles ont ainsi un ancrage direct dans la métropole bordelaise.

Derrière le choix de ces portraits, un constat chiffré. Selon l'Unesco, les femmes représentaient 31,1 % des chercheurs dans le monde en 2022, contre 29,4 % dix ans plus tôt ; en France, cette part tombe à 26 %, et le gouvernement s'est fixé l'objectif de porter à 30 % la proportion de filles dans chaque classe préparatoire scientifique d'ici 2030. Un écart que la mairie de Talence, qui multiplie depuis plusieurs années les initiatives autour des femmes scientifiques, entend combattre par la visibilité plutôt que par le seul discours.

La réalisation revient à l'artiste muraliste talençaise Mauna, connue pour des œuvres tissées avec le territoire et ses habitants, épaulée par une stagiaire, Allison David, et trois jeunes engagés dans un chantier d'insertion soutenu par le service municipal de l'emploi et les associations Frédéric Sévène et Réagir. Une manière de faire de cette peinture murale, financée par les Talençais eux-mêmes, un chantier autant social qu'artistique. Les sept autres projets du budget participatif restent, eux, à concrétiser d'ici 2027.

Partager