À Cenon, treize classes passent au brasseur d'air avant les grands froids
Treize classes de trois écoles de Cenon reçoivent des brasseurs d'air pour 30 000 euros, un pilote avant 2027, bien loin des 20 millions bordelais.

Photo by Nathan Cima on Unsplash
Pendant les deux semaines des vacances de la Toussaint, les couloirs de trois écoles de Cenon ne resteront pas tout à fait silencieux. Des techniciens y installent, salle après salle, des brasseurs d'air suspendus au plafond, en même temps qu'ils remplacent les vieux luminaires halogènes par des panneaux LED. Rien de spectaculaire, mais un choix mûri après plusieurs étés où la chaleur a rendu certaines classes difficilement tenables.
La Ville explique avoir croisé les relevés de température de ses services techniques avec les observations faites sur place et les retours des équipes éducatives pour établir une liste de treize classes prioritaires, réparties dans trois établissements : trois classes à l'étage de l'école élémentaire Jean Jaurès, cinq à l'école élémentaire René Cassagne (quatre à l'étage, une au rez-de-chaussée exposée plein sud) et cinq à l'école maternelle Camille Maumey, toutes à l'étage. Le point commun de ces salles, logé sous les toitures ou en façade sud, est connu de quiconque a fréquenté une école ancienne un jour de canicule : l'air chaud s'y accumule et peine à circuler.
Pourquoi ces treize classes-là, et pas d'autres ?
L'opération mobilise une enveloppe d'environ 30 000 euros, confiée à un bureau d'études chargé d'adapter le modèle et l'emplacement de chaque appareil à la configuration de la pièce, notamment à sa hauteur sous plafond. Les brasseurs d'air ne refroidissent pas l'air, à la différence d'une climatisation : ils créent un mouvement qui améliore la sensation de fraîcheur en été, et permettent en hiver de redistribuer vers le bas la chaleur qui stagne au plafond, pour une température plus homogène dans la classe. La Ville présente cette installation comme une phase pilote, dont le retour d'expérience doit éclairer un déploiement plus large à partir de 2027. Elle a par ailleurs demandé que les deux futures écoles de Fournier et de Palmer, dont la livraison incombe à Bordeaux Métropole, soient équipées de brasseurs d'air dès leur ouverture.
À l'échelle de la métropole, la comparaison donne la mesure du geste cenonnais. Le 10 septembre 2026, la Ville de Bordeaux a présenté sa propre stratégie, baptisée « Bordeaux s'adapte », qui vise une pièce rafraîchie dans chacune de ses 119 écoles maternelles et élémentaires d'ici l'été 2027, avec 40 établissements jugés prioritaires et 430 capteurs de température, d'humidité et de CO2 installés cet été dans les écoles et crèches. Le volet scolaire de ce plan est chiffré à 20 millions d'euros, au sein d'une enveloppe pluriannuelle de 600 millions d'euros consacrée pour 26 % à l'adaptation climatique, dont le vote est annoncé début novembre 2026. Les 30 000 euros cenonnais n'ont pas vocation à rivaliser avec ce programme : ils couvrent treize classes, quand Bordeaux vise cent dix-neuf écoles entières.
Le ventilateur a-t-il une limite face aux étés les plus chauds ?
Les autorités sanitaires bornent toutefois l'efficacité de ces appareils. L'Assurance maladie recommande de n'utiliser un ventilateur que lorsque la température intérieure reste sous les 32 degrés. Au-delà, selon l'Organisation mondiale de la santé, citée par Futura-Sciences le 23 juin 2026, l'appareil cesse de jouer son rôle protecteur à partir de 35 degrés, et à partir de 40 degrés il peut carrément réchauffer le corps en brassant un air plus chaud que la peau.
Or l'été 2025 a montré que la Gironde peut dépasser largement ces seuils. Une école de Podensac a ainsi enregistré 40,6 degrés dans une salle de classe, un bâtiment de 1965 dépourvu de protections solaires, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine. Dans ces conditions extrêmes, un brasseur d'air ne suffit plus, et peut même devenir contre-productif. Le dispositif cenonnais, pensé aussi pour l'hiver, répond donc avant tout aux épisodes de chaleur modérée, pas aux pics les plus sévères.
Les retours de cette première phase doivent nourrir le choix des équipements et leur généralisation progressive aux écoles de la commune à partir de 2027.
Sources
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