À Eysines, la mairie organise toute l'année la collecte de protections périodiques
Un tampon ou une serviette qui manque, et c'est parfois une journée d'école ou de travail sacrifiée. À Eysines, la mairie et son centre communal d'action…
Mspecht, CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons
Un tampon ou une serviette qui manque, et c'est parfois une journée d'école ou de travail sacrifiée. À Eysines, la mairie et son centre communal d'action sociale (CCAS) ont mis en place, sans date de fin annoncée, un dispositif permanent de collecte et de distribution de protections hygiéniques pour lutter contre ce que l'on appelle la précarité menstruelle : l'impossibilité, pour des raisons financières, de se procurer des protections adaptées.
Le principe est simple. Les habitants peuvent déposer des dons au CCAS, situé à la mairie, et les personnes qui en ont besoin peuvent en récupérer, sans justificatif, à quatre points de la ville : le CCAS lui-même, la médiathèque Jean Degoul, l'antenne de santé Cynthia Fleury et le centre social et culturel L'Eycho, qui dessert les quartiers de la Forêt et du Vigean.
Ce geste local s'inscrit dans un problème bien documenté à l'échelle nationale. Selon le baromètre Hygiène et Précarité publié en janvier 2025 par l'Ifop et Dons Solidaires, la précarité menstruelle touche environ 2,9 millions de femmes réglées en France, et concerne 28 % des catégories les plus pauvres. Une femme sur dix déclare avoir renoncé à se rendre au travail ou à sortir de chez elle faute de protection, un renoncement qui s'accompagne le plus souvent d'un sentiment de malaise ou d'inquiétude.
En Gironde, le sujet a d'abord été traité à l'échelle scolaire : depuis janvier 2023, le Département a équipé l'ensemble de ses 111 collèges de distributeurs de protections périodiques biologiques, une première nationale à l'époque, après une enquête ayant révélé que près de 12 % des collégiennes étaient concernées par ce manque. Le Planning Familial de Gironde complète ce maillage par des collectes en marché et en milieu festif, en lien avec des associations d'aide alimentaire.
L'initiative eysinaise ne fait donc pas figure d'exception mais illustre une prise de conscience désormais partagée par les collectivités locales, des collèges départementaux jusqu'aux structures municipales de proximité. Reste que ces dispositifs, aussi utiles soient-ils, dépendent largement de la générosité des dons ponctuels et ne garantissent ni la régularité ni la diversité de l'offre, un point que plusieurs associations nationales continuent de porter auprès des pouvoirs publics, plaidant pour une prise en charge pérenne plutôt que pour un empilement de collectes locales.
À Eysines, la mairie invite simplement les habitants à passer déposer ou récupérer des protections, sans démarche préalable, aux horaires d'ouverture des structures concernées.
Sources
Mairie d'Eysines
Solidarité Luttons contre la précarité menstruelle
À lire aussi
Bordeaux Centre — Société
Pont de pierre : le tramway coupé jusqu'à fin août pour sauver les fondations
Eysines — Sécurité
Vacances : la police vous propose de veiller sur votre maison pendant votre absence
Eysines — Environnement