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Eysines — Société

Eysines : désormais, on allume les lampadaires depuis son téléphone

Minuit passé, une rue d'Eysines plongée dans le noir. Il suffit d'un geste sur l'écran du téléphone pour que les lampadaires s'allument, guident le pas pendant…

Rédaction L'Échoppe 33
23 juillet 2026 · 2 min de lecture
gray concrete road surrounded with tall and green trees during night time

Photo by Lukas Stoermer on Unsplash

Minuit passé, une rue d'Eysines plongée dans le noir. Il suffit d'un geste sur l'écran du téléphone pour que les lampadaires s'allument, guident le pas pendant dix minutes, puis se rééteignent d'eux-mêmes. Depuis 2024, la commune propose ce service baptisé « J'allume ma rue », et vient de le rendre accessible en application mobile, gratuite sur Android et iOS, en complément du site jallume.fr déjà en service.

Le principe est simple : ouvrir l'application, accepter la géolocalisation, vérifier sa position sur la carte, puis cliquer sur une icône d'ampoule pour éclairer le secteur traversé. Le système s'appuie sur les 3.900 points lumineux de la commune, répartis sur 125 armoires électriques désormais pilotables à distance. Eysines revendique le titre de première commune de Bordeaux Métropole, et de Gironde, à proposer ce service pendant les périodes d'extinction nocturne.

Car la ville, comme beaucoup d'autres, coupe une partie de son éclairage public la nuit. En hiver, du 1er septembre au 30 avril, les lampadaires s'éteignent à 23h30 et se rallument à 6 heures. En été, du 1er mai au 16 août, ils restent éteints jusqu'au lever du jour. Le dispositif vise à concilier cette sobriété énergétique avec le besoin de sécurité des habitants qui rentrent tard, à pied ou à vélo.

Cette approche s'inscrit dans un mouvement national. Selon une cartographie du Cerema portant sur plus de 19.000 communes analysées par imagerie satellite, 62 % d'entre elles pratiquent déjà l'extinction totale en cœur de nuit, une pratique qui a nettement progressé depuis la crise énergétique de l'automne 2022. L'éclairage public ne représente pourtant que 0,54 % de la consommation électrique nationale en 2024, mais il pèse lourd dans les budgets municipaux : jusqu'à 37 % des dépenses d'électricité des collectivités, selon l'Ademe. Un sondage Enedis/Ipsos cité par l'Observatoire français de la transition écologique indique que 71 % des Français se disent favorables à l'extinction après 22 heures.

Le débat n'est pas clos partout : certains élus et riverains pointent régulièrement le risque d'un sentiment d'insécurité accru dans les rues plongées dans le noir, tandis que d'autres communes ont fait machine arrière après des plaintes. Eysines mise justement sur cette solution intermédiaire pour désamorcer la tension entre économies et tranquillité. Reste à mesurer, sur la durée, combien d'habitants s'approprient réellement le réflexe de rallumer leur rue plutôt que de sortir leur lampe de poche.

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