À l'hôpital Saint-André, un centre pour soigner les enfants de l'Aide sociale
Sous l'aile sud de l'hôpital Saint-André, les grues ont remplacé les malades. Le 2 juillet, la première pierre du futur centre Asterya a été posée dans ce…
Symac (talk), CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons
Sous l'aile sud de l'hôpital Saint-André, les grues ont remplacé les malades. Le 2 juillet, la première pierre du futur centre Asterya a été posée dans ce bâtiment du XIXe siècle du CHU de Bordeaux, dont il ne restera bientôt que les murs porteurs. À leur place, début 2027, un hôpital de jour, des salles de consultation et d'art-thérapie, un patio arboré pensé à hauteur d'enfant, avec cabanes et parcours d'accrobranche.
Le projet est porté par l'association Im'pactes, fondée par Céline Gréco, professeure de médecine et cheffe du service Médecine de la douleur et palliative à l'hôpital Necker-Enfants malades, à Paris. Elle-même placée à l'âge de 14 ans, elle a ouvert en 2024 un premier centre Asterya à Paris, qui a déjà accueilli plus de 800 enfants en six mois et vise 1 500 suivis par an à terme, selon l'AP-HP. Bordeaux accueillera le deuxième, pour un investissement de 4 millions d'euros entièrement financé par du mécénat, rapporte la chaîne locale ICI.
La Gironde compte environ 12 000 enfants suivis par l'Aide sociale à l'enfance, dont 6 780 confiés au département en 2024, selon les chiffres du Conseil départemental. Un vivier considérable pour un dispositif de soin encore très insuffisant : les bilans de santé sont pourtant obligatoires depuis 2016 à l'entrée dans la protection de l'enfance, mais seuls 10 % de ces enfants bénéficient aujourd'hui d'un suivi médical régulier, selon Im'pactes. Faute de prise en charge précoce, leur espérance de vie peut être réduite jusqu'à vingt ans.
Une trentaine de professionnels, pédiatres, pédopsychiatres, orthophonistes et psychologues, réuniront pour la première fois en un même lieu bordelais les expertises somatiques et psychiques que ces parcours de vie chaotiques appellent. Le projet fédère l'Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, le département de la Gironde, le CHU de Bordeaux et le centre hospitalier Charles-Perrens, aux côtés de mécènes comme la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Accor ou le Fonds Axa pour le progrès humain.
"Cette première pierre est une très bonne nouvelle", a salué Jean-Luc Gleyze, président du Département, y voyant l'occasion de "mieux protéger et accompagner les enfants les plus vulnérables". Le contexte girondin reste toutefois tendu : le budget de la protection de l'enfance a amorcé une baisse d'environ 2 % en 2025, et une partie des acteurs du secteur dénonce, selon la revue Far Ouest, un système "à bout de souffle", marqué par le manque de places et de personnel. Le nouveau centre ne réglera pas cette équation budgétaire, mais il promet, dès 2027, de refermer un peu l'écart de soin qui sépare ces enfants des autres.
Sources
Conseil Départemental de la Gironde
Un centre d'appui à l'enfance en Gironde : petite pierre pour grande promesse
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