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Bordeaux Centre — Sport

À Mériadeck, les Boxers refont la patinoire avant de découvrir l'Europe

Premiers champions de France de leur histoire, les Boxers découvrent l'Europe avec un budget quatre à sept fois inférieur à celui de leurs adversaires.

Rédaction L'Échoppe 33
26 août 2026 · 3 min de lecture
people playing ice hockey

Photo by Markus Spiske on Unsplash

ÉvénementPatinoire Mériadeck, BordeauxVoir l'agenda →

Vendredi 28 août, 20 heures, patinoire Mériadeck. Pour entrer voir les Boxers affronter Angers, les abonnés devront pour la première fois emprunter l'avant du bâtiment, côté cours Maréchal Juin. L'accès habituel est condamné par un chantier qui grignote les abords de la patinoire depuis plusieurs semaines. Rien d'anecdotique : c'est le prix, très concret, d'un titre remporté cinq mois plus tôt.

Le 18 avril, à Grenoble, les Boxers ont battu les Brûleurs de Loups 5 buts à 2 lors du cinquième et dernier match d'une finale à suspense, décrochant le tout premier titre de champion de France de leur histoire, quatre victoires à une dans la série. Le club, remonté en Ligue Magnus en 2015 après dix-sept ans d'absence au plus haut niveau, n'avait jamais fait mieux qu'une place de vice-champion, en 2024. Ce sacre lui ouvre une porte inédite : la Ligue des champions de hockey (Champions Hockey League), compétition qui réunit chaque année vingt-quatre clubs européens. Une première dans l'histoire du club, et dans celle du hockey bordelais.

Ce que l'Europe coûte à un club sans les moyens de l'Europe

Encaisser cette qualification suppose d'abord de mettre l'équipement aux normes. La mairie de Bordeaux investit 350 000 euros pour remplacer les vitres de protection du stade Mériadeck par du plexiglas dernière génération, exigence du cahier des charges de la CHL avant les trois matchs de poule que le club y disputera début septembre. Une dépense municipale directement liée à la performance sportive, que le nouveau maire Thomas Cazenave a saluée publiquement au moment du sacre.

Mais le fossé financier reste immense. Les Boxers évoluent avec un budget annuel d'environ 4 millions d'euros, quand la moyenne des clubs engagés en Ligue des champions se situe entre 15 et 30 millions, selon les chiffres cités par les médias locaux au moment du tirage au sort. Rien que les déplacements vers les six adversaires du groupe, en Autriche, en Allemagne, en République tchèque et en Suède, coûteront au minimum 100 000 euros supplémentaires, et le club a dû recruter deux à trois joueurs pour étoffer un effectif jusque là calibré pour le championnat français. L'entraîneur Olivier Dimet résume l'enjeu par une formule sobre : il faudra « monter le curseur » avant d'affronter des équipes où, selon le défenseur Kevin Dusseau, « tout va plus vite » et où « les gars sont physiquement plus costauds ». Le président Thierry Parienty, lui, tient à borner l'ambition à la prudence budgétaire : « on ne fera pas n'importe quoi », a-t-il assuré, revendiquant une gestion équilibrée plutôt qu'une fuite en avant financière. Aucune opposition publique à cette dépense municipale ne s'est exprimée à ce stade, ni du côté des riverains du quartier ni des autres associations sportives de la ville.

Un calendrier resserré avant la vraie rentrée européenne

Le match contre Angers du 28 août, suivi d'un retour prévu le 30, sert justement de dernière répétition à domicile avant la bascule vers le rythme européen. Les organisateurs veulent y faire retrouver aux joueurs les dimensions exactes de la patinoire et roder les unités spéciales, sachant qu'en Ligue des champions, les erreurs se paient plus vite. Un troisième match amical est calé le 15 septembre contre Anglet.

La campagne européenne, elle, démarre par deux déplacements coup sur coup en Autriche : Klagenfurt le 3 septembre, puis Graz le lendemain de très près, le 5. Les Boxers reviendront ensuite à Mériadeck pour deux rencontres rapprochées, face aux Allemands d'Adler Mannheim le 11 septembre et aux Tchèques de Pilsen le 13, avant un déplacement à Göteborg le 13 octobre face aux Suédois de Frölunda et un dernier match de groupe à domicile contre Pardubice le 7 octobre. Sur les vingt-quatre clubs engagés, seize se qualifieront pour les huitièmes de finale.

Parallèlement au chantier des balustrades, un projet distinct viserait à faire passer la jauge de la patinoire d'environ 3 500 à près de 3 700 places, sans date arrêtée à ce jour. Les tarifs et modalités de billetterie spécifiques aux matchs de Ligue des champions restent, eux, à annoncer par le club dans les prochaines semaines.

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