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Saint-Médard-en-Jalles — Sport

Nicolas Gerassimopoulos, du bar clandestin d'Athènes aux podiums européens du billard

Vice-champion d'Europe formé au club de la Poudrerie, le Saint-Médardais cumule trois titres de France et une médaille de bronze décrochée cette année en…

Rédaction L'Échoppe 33
26 août 2026 · 2 min de lecture
Le joueur de billard carambole suisse Xavier Gretillat, cinq fois champion d'Europe, à la table de billard en 2020.

XG1973, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Une pièce entière dédiée à un seul sport : c'est là, chez lui, que Nicolas Gerassimopoulos reçoit pour raconter son parcours. Sur les murs, les trophées racontent une trajectoire commencée loin de Saint-Médard-en-Jalles, dans un bar grec où son oncle le faisait entrer en cachette.

À l'époque, l'adolescent préfère le football. Un grave accident l'en éloigne et le pousse, sans qu'il le sache encore, vers une autre discipline. Il faudra attendre 1986 et son arrivée à Saint-Médard-en-Jalles pour que le billard devienne sa voie, au club de la Poudrerie. Avant cela, Nicolas Gerassimopoulos a été marin puis cuisinier en Grèce. C'est un déménagement familial à Mayotte, en 2010, qui accompagne son épouse, qui le décide à passer les diplômes d'État pour devenir formateur.

Son premier titre de champion de France arrive en 2000 sous les couleurs du club saint-médardais. Depuis, le palmarès s'étoffe : trois titres nationaux individuels, un titre en équipe, un titre de vice-champion d'Europe et plusieurs médailles de bronze continentales, la dernière remportée il y a quelques mois en Turquie. Il évoque 2013 comme le tournant de sa carrière : sans remporter le championnat d'Europe cette année-là, il y bat pour la première fois le champion d'Europe et le champion du monde en titre. Il forme aujourd'hui les jeunes joueurs au sein de la ligue de billard de Nouvelle-Aquitaine.

Pour lui, la table est un instrument de connaissance de soi autant qu'un terrain de compétition. « Comme l'a dit Socrate : connais-toi toi-même. Moi, c'est le billard qui m'aide à me connaître », résume-t-il. Gainage quotidien, préparation physique, sommeil surveillé, exercices de respiration : la rigueur déborde largement de la salle d'entraînement.

Le billard, souvent perçu comme un loisir masculin de bar, serait né dans les cours royales françaises entre le XVIe et le XVIIe siècle, pratiqué au sol puis sur table, d'abord par les aristocrates et notamment par les femmes pendant que leurs maris partaient à la guerre. La Fédération française de billard, créée en 1904, revendique aujourd'hui environ 1,5 million de pratiquants dans le pays. Nicolas Gerassimopoulos aime aussi rappeler qu'Albert Einstein, amateur réputé médiocre du jeu, le qualifiait d'« art supérieur de l'anticipation », exigeant à la fois la condition physique du sportif, le raisonnement du joueur d'échecs et le toucher du pianiste.

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