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Le dioxyde d'azote a baissé d'un tiers à Bordeaux, mais l'objectif de l'OMS reste devant

Le NO₂ a reculé de 35 % boulevard Gautier entre 2019 et 2024, mais les seuils de l'OMS, plus stricts que la loi, restent un objectif à atteindre.

· 3 min de lecture
Carrefour routier bordelais avec voitures en circulation, bandes cyclables et immeuble de bureaux sous un ciel dégagé

Thomasbr33, CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

À la station Atmo du boulevard Antoine Gautier, à Bordeaux, le dioxyde d'azote (NO₂) lié à la circulation a reculé de 35 % entre 2019 et 2024. Le chiffre vient de la Ville de Bordeaux, qui le publie sur sa page consacrée à la qualité de l'air. Il est l'un des repères les plus lisibles de la dernière décennie.

Ce que mesure l'indicateur

Le NO₂ est un gaz qui sort surtout des pots d'échappement, des moteurs diesel en particulier. Il irrite les voies respiratoires et favorise les crises d'asthme. Atmo Nouvelle-Aquitaine, l'organisme chargé de surveiller l'air de la région, l'enregistre en continu. La Ville indique que deux stations se trouvent à Bordeaux : boulevard Antoine Gautier et au Grand Parc.

Les données de l'association sont diffusées sur data.gouv.fr. Le jeu « concentrations moyennes annuelles de polluants dans l'air ambiant » couvre le NO₂, les particules, l'ozone ou le benzène. Sa dernière mise à jour date du 22 avril 2025, mais la page ne précise ni la période couverte ni la licence de réutilisation.

Une baisse réelle, qui ralentit

L'amélioration ne se limite pas à Bordeaux. Pour le bilan 2024, Atmo Nouvelle-Aquitaine indique que les concentrations de NO₂ baissent depuis dix ans dans la région. Elle précise que la diminution est « plus modérée » depuis 2019. Son communiqué sur ce bilan cite une baisse allant jusqu'à 43 % en Charente. Le chiffre girondin n'y figure pas.

Pour la Gironde, le site Bouge à Bordeaux rapporte, d'après le bilan Atmo publié en 2026, un recul de 35 % depuis 2016. Il ajoute que la moyenne annuelle a encore perdu 15 % en un an et que le rythme ralentit depuis 2020. Le même article situe les niveaux les plus élevés dans l'agglomération bordelaise et le long des grands axes. Le transport routier reste le premier secteur d'émission d'oxydes d'azote en Gironde. Il mentionne aussi environ 50 habitants encore exposés à un dépassement de la valeur limite réglementaire, un chiffre que nous n'avons pas pu recouper avec le bilan d'origine.

La Ville met cette baisse en regard de la zone à faibles émissions : les véhicules sans vignette Crit'Air n'ont plus le droit de circuler à l'intérieur de la rocade. Aucune des pages consultées ne chiffre la part de cette mesure dans le recul.

Où l'on reste au-dessus de l'OMS

Respecter la valeur limite fixée par la réglementation ne suffit pas à atteindre les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, nettement plus strictes. Dans son communiqué, Atmo Nouvelle-Aquitaine reconnaît que des actions supplémentaires sont nécessaires pour s'en rapprocher et protéger les 6 millions d'habitants de la région. Nous n'avons pu consulter ni les valeurs en microgrammes par mètre cube, ni la part de la population métropolitaine encore au-dessus des seuils OMS : elles figurent dans les bilans Gironde d'Atmo, qui n'ont pas pu être lus en intégralité.

Les limites de la donnée

Une station mesure l'air à un endroit précis. Gautier, situé sur un grand axe, reflète la pollution routière, pas celle de tout Bordeaux. Les pourcentages présentés ici n'ont pas la même période ni le même périmètre : 2019-2024 pour une station, 2016-2025 pour le département. Il ne faut donc pas les additionner ni les comparer. Enfin, la météo d'une année peut accentuer ou atténuer une baisse. Selon le même article de Bouge à Bordeaux, Atmo a ainsi signalé un épisode de pollution au NO₂ sur l'agglomération bordelaise le 12 février 2026.

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