L'Échoppe
● Direct

Bordeaux Centre · Société

Après un cortège calme de la Bourse à la Victoire, un millier de casseurs face aux forces de l'ordre à Bordeaux

Le cortège contre la vie chère a défilé sans heurt, puis un millier de casseurs, selon la préfecture, ont attaqué les forces de l'ordre autour de la Victoire.

· 3 min de lecture
La porte Aquitaine et l'obélisque de la place de la Victoire à Bordeaux, avec un tramway à gauche et des passants sur la place

Patrick Despoix, CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

À 16 h 30, samedi 31 octobre, la place de la Victoire se vidait. Le cortège parti de la place de la Bourse à 14 h arrivait à destination et les manifestants se dispersaient, sans incident sur le parcours, selon la préfecture de la Gironde. C'est à ce moment que la journée a changé de nature. Toujours selon la préfecture, environ 1 000 individus se sont alors détachés des manifestants pour s'en prendre aux forces de l'ordre.

Onze mille manifestants selon la préfecture

La manifestation était déclarée par l'intersyndicale CGT, FSU et FO, dans le cadre de la mobilisation « contre la vie chère ». La préfecture a dénombré 11 000 personnes, contre environ 15 500 le samedi précédent, selon son bilan du 24 octobre. Elle indique que le défilé s'est déroulé dans le calme.

Le député de la Gironde Loïc Prud'homme (La France insoumise) a publié sur Bluesky que « la mobilisation ne faiblit pas ». Il cite les lycéens, le pouvoir d'achat et les services publics, et estime que le président Macron doit « répondre au pays ».

Ce qui s'est passé après la dispersion

Selon le communiqué de la préfecture, les groupes violents ont tiré des projectiles, érigé des barricades et allumé des feux de poubelles dans les secteurs de la Victoire, des Capucins et de Saint-Michel. Ils ont tenté de pénétrer dans les rues commerçantes du centre-ville, sans succès. Ils ont aussi essayé de rejoindre la mairie, et ont été repoussés.

Le bilan provisoire, arrêté à 19 h, fait état d'un blessé chez les forces de l'ordre et d'aucun chez les manifestants. Sept personnes ont été placées en garde à vue, notamment pour transport d'objets dangereux, port d'arme, jets de projectiles sur les forces de l'ordre et port de faux brassards de police. Dès le matin, des contrôles avaient permis de saisir des matraques télescopiques, des couteaux, des stupéfiants et des masques à gaz.

La préfecture assure qu'« aucun commerce n'a été dégradé » à ce stade. La Métropole signalait en tête de ses pages des interruptions de lignes et des déviations sur le réseau TBM pour le mouvement social du 31 octobre.

Un dispositif déjà rodé les deux semaines précédentes

Ce déploiement répond aux deux samedis précédents. Nous avons raconté l'interdiction de manifester dans une partie du centre, décidée une semaine après le saccage du 17 octobre. Nous avons aussi décrit le nettoyage des rues après les violences du 24 octobre, où une dizaine de commerces avaient été vandalisés ou pillés.

Pour le 31 octobre, la préfète Sophie Brocas avait laissé le parcours syndical ouvert, de la Bourse à la Victoire. Tout autre rassemblement était interdit dans le centre de samedi 8 h à dimanche 8 h. Un couvre-feu visait les mineurs non accompagnés de samedi 20 h à dimanche 7 h dans certains secteurs. Le port d'armes, d'artifices, de carburants et de produits inflammables était interdit de samedi 6 h à dimanche 6 h, tout comme les équipements destinés à gêner les forces de l'ordre. L'arrêté autorisait aussi la surveillance par drones. La préfecture a invoqué le contexte d'Halloween et des appels à se rassembler lancés sur les réseaux sociaux.

Le dispositif réunissait police et gendarmerie départementales, unités de force mobile, un engin lanceur d'eau, des véhicules blindés de la gendarmerie, le RAID, la brigade de recherche et d'intervention (BRI) et des moyens aériens. Les opérations de police se poursuivaient place de la Victoire au moment du communiqué. La préfète a condamné « fermement » les dégradations et les violences envers les forces de l'ordre.

Partager

Sources

Une erreur dans cet article ? Signalez-la à la rédaction.

Nous suivre

Suivez l'actualité bordelaise là où vous êtes déjà.

Chaque article de L'Échoppe est annoncé sur nos comptes dès sa mise en ligne.