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Bordeaux d'hier · Grand Théâtre, rue Vital-Carles, quai Louis-XVIII : les trois fois où Bordeaux gouverna la France

Assemblée au Grand Théâtre, ministères dans les facultés, visas au quai Louis-XVIII : en 1870, 1914 et 1940, le pouvoir s'est replié à Bordeaux, dans des lieux…

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Façade à colonnade corinthienne du Grand Théâtre de Bordeaux, place de la Comédie, surmontée de statues, avec des passants sur le parvis.

Víctor Perea Ros, CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

En février 1871, c'est dans la salle du Grand Théâtre, place de la Comédie, que se réunit l'Assemblée nationale. Trois fois en 70 ans, 1870, 1914 et 1940, l'invasion a poussé le pouvoir vers Bordeaux. Chaque fois, il s'est logé dans des bâtiments publics qui servent encore aujourd'hui.

1870-1871 : une Assemblée dans un théâtre

Paris était assiégée par les Prussiens. Gambetta avait quitté la capitale en ballon pour rejoindre la délégation du gouvernement installée à Tours. Cette délégation s'établit à Bordeaux en décembre 1870, selon le site Bordeaux Confidentiel. L'Assemblée, élue le 8 février 1871 après l'armistice, siégea au Grand Théâtre. Thiers y fut placé à la tête de l'exécutif. Le 1er mars, elle y ratifia les préliminaires de paix et déclara Napoléon III déchu. Elle partit pour Versailles le 20 mars 1871.

1914 : les ministères dans les facultés

Le gouvernement quitta Paris dans la nuit du 2 au 3 septembre 1914. Selon Retronews, Raymond Poincaré s'installa rue Vital-Carles. Les sources divergent sur le lieu : Retronews parle de l'hôtel Nesmond, Bordeaux Confidentiel de la résidence de la préfecture. René Viviani, président du Conseil, occupa le cabinet du maire à l'hôtel de ville. Aristide Briand logea à l'hôtel de Bayonne.

Les ministères se répartirent dans la ville. L'Intérieur alla à la préfecture et la Justice au palais de Justice. La Guerre prit la faculté des lettres et l'Instruction publique la faculté de droit. Le Commerce et l'Agriculture s'installèrent au lycée de Lonchamp, la Marine à l'École de santé navale. Les ambassades suivirent. Le gouvernement et les ambassades regagnèrent Paris le 8 décembre 1914, soit après plus de trois mois.

Juin 1940 : dix jours décisifs

Le gouvernement de Paul Reynaud arriva à Bordeaux le 14 juin 1940, après une halte en Touraine. Le 16 juin au soir, Reynaud démissionna et Pétain lui succéda. Le 17, Pétain annonça à la radio, depuis Bordeaux, qu'il fallait cesser le combat.

La ville vit aussi des départs. Sur le quai Louis-XVIII, le consul du Portugal Aristides de Sousa Mendes délivra des visas contre les ordres de son gouvernement. De Gaulle décolla de l'aérodrome de Mérignac pour Londres le 17 juin. Le Massilia quitta Le Verdon pour le Maroc le 21 juin. À la fin du mois, le gouvernement partit pour Clermont-Ferrand, puis Vichy.

Ce que la ville a gardé

Ces trois épisodes sont inscrits dans des lieux que l'on traverse encore : la colonnade de la place de la Comédie, la rue Vital-Carles près de la préfecture, les facultés et le palais de Justice, le quai Louis-XVIII. L'Assemblée de 1871 n'a siégé à Bordeaux que six semaines environ, du 12 février au 20 mars.

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