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Bègles — Santé

Moustique tigre : Bègles distribue des kits, la métropole change de braquet

À l'accueil de la mairie de Bègles, un sachet suffit désormais à armer un foyer contre l'insecte le plus détesté de l'été bordelais…

Rédaction L'Échoppe 33
18 juillet 2026 · 2 min de lecture
Moustique tigre (Aedes albopictus) en train de piquer

James Gathany/CDC, Public domain — Wikimedia Commons

À l'accueil de la mairie de Bègles, un sachet suffit désormais à armer un foyer contre l'insecte le plus détesté de l'été bordelais. La ville distribue depuis peu des kits anti-moustiques gratuits, sur simple présentation d'un justificatif de domicile et dans la limite des stocks disponibles. À l'intérieur : des granulés larvicides à déposer dans les points d'eau stagnante, du sable pour les soucoupes de plantes, et un flyer de bons gestes. Rien de spectaculaire, mais un geste qui compte : selon Eysines, également mobilisée cet été avec ses propres bornes anti-moustiques et nichoirs à chauves-souris, environ 80 % des larves de moustiques tigres se développent sur des propriétés privées, dans un simple bouchon d'eau oublié.

Le moustique tigre, Aedes albopictus, n'est plus une curiosité mais un habitant à part entière de la métropole bordelaise. Selon les données de l'Anses, 439 des 535 communes de Gironde sont désormais colonisées, soit 98 % de la population du département exposée. Le cycle aquatique de l'insecte, entre la ponte et l'émergence, ne dure qu'une semaine environ, ce qui impose une vigilance renouvelée tout au long de la saison, de mai à novembre selon la période de surveillance renforcée fixée par l'Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine.

Derrière la nuisance, un enjeu sanitaire prend de l'ampleur. L'ARS Nouvelle-Aquitaine a recensé 156 cas importés de chikungunya entre le 1er mai et le 30 novembre 2025 dans la région, un record depuis l'implantation du moustique en 2012, dont près de la moitié en Gironde. Dix-sept épisodes de transmission autochtone de chikungunya et un épisode de dengue autochtone ont également été identifiés en 2025 dans huit départements de la région, Bordeaux ayant enregistré cinq cas selon Rue89 Bordeaux. Face à ce constat, Bordeaux Métropole a annoncé porter le traitement des gîtes larvaires de 40 % à 100 % de l'espace public et des bâtiments publics dès 2026, en s'appuyant sur une cartographie exhaustive réalisée avec les communes.

Les associations de défense de l'environnement rappellent régulièrement les limites des traitements de masse, notamment sur la biodiversité aquatique, et plaident pour une action ciblée sur les gîtes plutôt que pour l'épandage. C'est d'ailleurs la doctrine officielle : les traitements anti-adultes restent réservés aux situations encadrées par l'ARS, en cas de risque sanitaire avéré, l'épandage généralisé d'insecticides étant interdit. La lutte repose donc avant tout sur les gestes individuels, du bouchon vidé au regard grillagé, avant que l'été touche à sa fin.

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