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Sur la rive droite, deux boulevards et 232 millions d'euros pour changer de visage

La facture du chantier qui redessine deux boulevards entre Bordeaux, Cenon et Floirac a grimpé de 26 millions d'euros en un an.

· 3 min de lecture
orange lights on top of white and red metal bars

Photo by Matthew Hamilton on Unsplash

Depuis le 8 juin, la vitesse est limitée à 30 km/h sur toute la longueur des boulevards Joliot-Curie et de l'Entre-deux-Mers, entre Bordeaux, Cenon et Floirac. Les automobilistes qui empruntaient le tourne-à-gauche vers Haut-Cenon et la côte de Monrepos doivent faire un détour depuis le 6 juillet, il est fermé. La rue Jules Ferry, elle, est passée en sens unique sortant depuis le 20 juillet. Ce ne sont que les premiers réglages d'un chantier censé durer jusqu'à l'automne 2028, soit vingt-huit mois, pour transformer deux artères qui coupent en deux le bas de Cenon, la Benauge bordelaise et le quartier Jean-Jaurès à Floirac.

L'enjeu dépasse la voirie. Ces boulevards sont l'épine dorsale d'un chantier bien plus vaste, le projet de renouvellement urbain Joliot-Curie, qui redessine 82 hectares à cheval sur trois communes depuis 2019, année de la démolition symbolique de la barre D à Cenon. Entre 2020 et 2021, la Cité du Midi a été livrée à Floirac. Entre 2023 et 2025, deux tours du quartier Henri-Sellier, 72 logements, ont été rasées à Cenon. L'été 2025 a vu l'ouverture de l'Estacade, un équipement hybride de 2 700 m² à Cenon qui mêle skatepark et scène événementielle. Les boulevards sont la dernière pièce du puzzle, et pas la moins chère.

Pourquoi la note a grimpé de 26 millions en un an

Le 5 décembre 2025, le conseil de Bordeaux Métropole a voté une enveloppe globale de 232 millions d'euros pour l'ensemble du projet Joliot-Curie, contre 206 millions initialement annoncés, soit une hausse de 26 millions, près de 13 % de plus en un an. Cette somme couvre la réhabilitation d'environ 1 900 logements sociaux, qui représentent 90 % du parc du secteur pour environ 4 500 habitants selon la ville de Cenon, la construction de 720 logements neufs côté Benauge d'après la mairie de Bordeaux, et 52 millions d'euros fléchés vers des équipements publics, écoles, crèche, pôle culturel. Les travaux de voirie sur les deux boulevards, confiés à trois lots distincts (terrassement et réseaux, espaces verts, éclairage et signalisation), en constituent la phase la plus visible pour les habitants, celle qui bouleverse concrètement les trajets du quotidien depuis cet été.

La philosophie affichée par la métropole est de transformer ces axes à quatre voies, hérités d'un urbanisme routier des années 1960 et 1970, en boulevards plantés où la place de la voiture recule au profit d'un couloir de bus, de pistes cyclables continues et de trottoirs élargis. Un couloir réservé est notamment prévu sur le boulevard Joliot-Curie pour préparer de futures stations de bus express. Depuis le 6 décembre 2025, justement, la ligne H, un bus à haut niveau de service circulaire de 21 kilomètres, relie déjà Bordeaux, Le Bouscat, Talence, Bègles, Floirac et Cenon en empruntant une partie du réseau des boulevards bordelais. Les aménagements en cours sur Joliot-Curie et l'Entre-deux-Mers doivent, à terme, consolider ce maillage côté rive droite.

Ce que les riverains doivent anticiper jusqu'en 2028

La première phase de travaux, engagée depuis le 20 juillet sur la partie nord du boulevard de l'Entre-deux-Mers, entre la rue Galin à Bordeaux et le cours Gambetta à Floirac, doit s'achever le 2 novembre 2026. Pendant ce temps, la circulation automobile reste maintenue mais avec des ajustements ponctuels selon l'avancée du chantier, les cyclistes circulent dans la circulation générale faute de piste dédiée provisoire, et les piétons suivent des cheminements sécurisés et balisés, avec une préférence donnée au trottoir sud du boulevard. Les transports en commun sont maintenus, sous réserve d'adaptations que le réseau TBM annonce au fil des phases.

Aucune opposition organisée, association de riverains ou collectif de commerçants ne s'est exprimée publiquement à ce stade contre ce chantier, d'après les éléments disponibles. Cela n'efface pas la contrainte très concrète de vingt-huit mois de déviations, de limitation de vitesse et de voies fermées pour les habitants et les commerces installés le long de ces deux axes, qui comptent parmi les plus fréquentés de la rive droite bordelaise. La trémie Benauge, un ouvrage distinct piloté par l'établissement public Bordeaux Euratlantique pour fluidifier l'accès au pont de pierre, a quant à elle rouvert à la circulation fin octobre 2025 après des travaux préparatoires, signe que les chantiers s'enchaînent sur ce secteur depuis plusieurs années déjà.

La suite du calendrier reste suspendue à l'avancement de ce premier tronçon. Les phases suivantes, sur le reste du boulevard de l'Entre-deux-Mers puis sur Joliot-Curie, doivent se succéder jusqu'à l'automne 2028, date à laquelle Bordeaux Métropole promet des boulevards végétalisés et apaisés sur toute leur longueur.

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