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Bordeaux vide corbeilles et bornes à verre avant le cortège du 31 octobre

Cortège autorisé à 14 h, centre-ville fermé à tout autre rassemblement jusqu'à dimanche 8 h : le dispositif du 31 octobre à Bordeaux.

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La place de la Bourse et le Miroir d'eau à Bordeaux, point de départ du cortège intersyndical du 31 octobre.

Photo by Wojciech Rzepka on Unsplash

Vidées, les corbeilles de rue. Vidées aussi, les bornes à verre. Barrières de chantier retirées, encombrants ramassés, vélos et trottinettes en libre-service déplacés : la Ville a préparé le centre de Bordeaux, en lien avec TBM et les opérateurs de libre-service. Cette préparation vise le samedi 31 octobre, troisième samedi de mobilisation « contre la vie chère » après ceux des 17 et 24 octobre, qui ont tous deux laissé des traces dans le centre.

Un cortège autorisé, tout le reste interdit

La préfète de la Gironde a décidé de ne pas interdire le parcours déclaré par l'intersyndicale CGT-FSU-FO. Le cortège part à 14 h de la place de la Bourse pour rejoindre la place de la Victoire. Selon le communiqué de la préfecture du 30 octobre, « le tracé et les engagements pris par les organisations syndicales apportent des garanties acceptables en matière de sécurité ».

Autour de ce parcours, l'État a posé quatre séries de mesures :

  • les regroupements et manifestations sont interdits dans un périmètre du centre-ville, du samedi 31 octobre à 8 h au dimanche 1er novembre à 8 h, hors cortège intersyndical ;
  • le couvre-feu des mineurs non accompagnés est renforcé dans les secteurs concernés, de 20 h le samedi à 7 h le dimanche ;
  • le port et le transport d'armes, d'artifices, de carburants et de produits inflammables sont interdits, de même que les équipements destinés à faire échec à l'action des forces de l'ordre, du samedi 6 h au dimanche 6 h ;
  • les forces de l'ordre sont autorisées à filmer par drones, dans les périmètres fixés par les arrêtés, du samedi matin au dimanche.

La préfecture justifie cet arsenal par trois éléments : les violences, dégradations et pillages des précédents samedis, les nombreux appels à des rassemblements relayés sur les réseaux sociaux pour la soirée du 31, et la fête d'Halloween. Elle précise que celle-ci « ne saurait constituer un motif légitime pour dissimuler son visage » en vue de troubles. Les moyens annoncés vont de l'unité de projection rapide à l'engin lanceur d'eau, en passant par les véhicules blindés, le RAID et la brigade de recherche et d'intervention. La gendarmerie contrôlera aussi les flux sur les grands axes, dans les gares et sur le réseau ferroviaire dès le matin.

Nous avions détaillé le principe de ces interdictions dans notre article du 24 octobre, qui évoquait déjà une interdiction du samedi 8 h au dimanche 8 h sur une large partie du centre.

Ce que les deux samedis précédents ont laissé

Le 17 octobre, selon une dépêche de l'AFP reprise par Sud Radio, la résidence préfectorale a été saccagée et le RAID a été déclenché. Plusieurs enseignes de la rue Sainte-Catherine ont été pillées, et des groupes ont affronté les forces de l'ordre sur les quais et aux places de la Victoire et de la Bourse. Selon la préfecture, citée dans cette même dépêche, 23 personnes ont été blessées, dont 15 membres des forces de sécurité, et 55 interpellées. Elle évoquait « plusieurs centaines » d'individus violents parmi « plusieurs milliers » de manifestants.

Le 24 octobre, la manifestation était interdite à Bordeaux. Selon Europe 1, au moins 410 000 personnes ont défilé en France ce jour-là et les cortèges se sont dispersés dans le calme, sauf à Bordeaux, où des casseurs infiltrés ont pillé des boutiques malgré les protections posées par les commerçants. La Ville parle d'« une quinzaine » de commerces vandalisés autour du parcours (Bourse, Jaurès, quais, Miroir d'eau, secteur Marne-Yser-Victoire-Argonne-Pasteur). Elle annonçait plusieurs jours de travaux pour effacer les graffitis, remplacer le mobilier et réparer les pavés, comme nous le relations le 26 octobre. Ce dernier article parlait d'une dizaine de commerces : les décomptes varient selon la source et le moment.

Au niveau national, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, évoque un « risque très élevé » de violences urbaines du début de soirée jusque tard dans la nuit, selon Public Sénat. Environ 250 manifestations sont recensées, et 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés, soit autant que le 24 octobre.

Une ville qui ferme tôt, un stade qui reste plein

La Ville demande aux habitants et commerçants de rentrer poubelles, vélos et matériel extérieur dès samedi matin. Le maire, Thomas Cazenave, résume la ligne municipale : « Oui au droit de manifester, qui doit être pleinement garanti. Non à la répétition des scènes de dégradation et de pillages dans le centre de Bordeaux. » La sécurité des personnes relève de l'État. La police municipale protégera les bâtiments et équipements de la Ville, et une cellule de crise est activée en lien avec la préfecture. Les équipes de propreté et de voirie sont renforcées, malgré le jour férié du dimanche.

Le musée des Beaux-Arts est fermé par précaution. Les marchés ferment à 13 h, à 11 h pour les Salinières et Saint-Michel.

Le réseau TBM sera lourdement touché. Selon le club et l'opérateur, le tram A est interrompu entre Saint-Augustin et Buttinière, le tram F entre Saint-Augustin et Gare Saint-Jean, et la station « Stade Chaban Delmas » n'est pas desservie. Entre le centre-ville et le stade, TBM indique qu'il faudra faire le trajet à pied.

Car l'Union Bordeaux-Bègles reçoit Bayonne à Chaban-Delmas, à guichets fermés. Le coup d'envoi est à 16 h 35, les portes ouvrent à 15 h, et le club conseille de venir tôt. Sa boutique des quais est fermée toute la journée à cause des manifestations et rouvrira dimanche de 10 h à 19 h.

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