La Région conteste la liste de 17 lycées néo-aquitains jugés prioritaires
Alain Rousset dénonce une consultation « sans rigueur statistique » et un nombre de lycées par région faux de plus de 10 % selon la Région.

Moi, CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
Dix-sept lycées sur 293. C'est la part de la Nouvelle-Aquitaine dans la liste de 200 établissements que le gouvernement présente comme prioritaires pour des travaux, et que la Région, qui a la charge des lycées, juge « pas sérieuse ».
Une liste fondée sur le nombre de contributions
Le ministère de l'Éducation nationale a transmis cette liste le 3 novembre. Selon la Banque des Territoires, elle retient les 200 lycées ayant reçu le plus de contributions sur leurs conditions matérielles lors d'une consultation nationale ouverte du 6 au 23 octobre, qui a réuni plus de 100 000 contributions. Le ministre, Édouard Geffray, a indiqué que 55 % des lycéens avaient signalé une qualité insuffisante des locaux ou du matériel. Les recteurs ont transmis une synthèse aux chefs d'établissement et aux présidents de région, et des conseils de la vie lycéenne et d'administration doivent définir un plan d'action immédiat. Le ministre dit travailler avec les régions pour lancer rapidement des travaux.
Les sources consultées ne donnent pas le détail des établissements girondins ni bordelais. La Banque des Territoires cite seulement, pour la région, des lycées d'Angoulême, de Cognac et de La Rochelle.
« Une mystification »
Dans un communiqué du 4 novembre, Alain Rousset, président de la Région, et Jean-Louis Nembrini, vice-président chargé des lycées, qualifient la consultation de « mystification, de sa conception à son exploitation ». Ils lui reprochent d'avoir été conçue sans associer lycéens, Régions, personnels ni parents d'élèves. Elle a consisté, écrivent-ils, en une plateforme en ligne qui ne permettait « ni de s'assurer que les contributeurs étaient bien des lycéens ni de corriger les biais d'échantillonnage ».
La liste découle selon eux de la seule fréquence à laquelle les établissements apparaissent dans un questionnaire « dépourvu de toute rigueur statistique ». Ils affirment aussi que le nombre de lycées publics par région, utilisé par le ministère pour calculer la part de bâtiments à prioriser, est faux, « dans des proportions qui dépassent souvent 10 % ». Ils disent que la liste diverge de celle des établissements en réelle difficulté dans la région, et que beaucoup d'acteurs, médias compris, s'en sont étonnés.
La Région ne nie pas les besoins. Elle reconnaît que certains lycées « appellent des travaux urgents » et met en avant 2 milliards d'euros investis dans le bâti sur les deux derniers mandats (2016-2028), ainsi qu'une veille des bâtiments qu'elle dit plus rigoureuse. Elle accuse le gouvernement de vouloir « faire la leçon aux Régions ».
Le 28 octobre, nous écrivions que la Région débloquait 10 millions d'euros pour rafraîchir plus de 100 lycées d'ici mai 2027, après les canicules de l'été.
Le communiqué ne précise pas les noms des 17 établissements ni ceux que la Région aurait retenus à leur place.
Sources
Région Nouvelle-Aquitaine (communiqués de presse)
Réaction de la Région Nouvelle-Aquitaine à la liste des lycées annoncée par le gouvernement
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