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Bordeaux Centre — Société

Piscine Judaïque : la rentrée de la baignade, après deux ans et demi à sec pour les nageurs

Après deux ans et demi de travaux à 15 millions d'euros, les deux bassins de la piscine Judaïque rouvrent ensemble le 31 août.

Rédaction L'Échoppe 33
29 août 2026 · 3 min de lecture
Portiques de l'ancienne école d'équitation abritant désormais la Piscine Judaïque, à Bordeaux, Gironde.

Forgetful Heart, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Depuis juillet 2024, la façade art-déco de la piscine Judaïque disparaissait derrière les échafaudages. Le fronton où Neptune chevauche un cheval de mer, sculpté par Maurice Pico en 1935, n'était plus visible que par intermittence. À partir du lundi 31 août, le portail de la rue Judaïque s'ouvre de nouveau en grand : les deux bassins, le 50 mètres à toit ouvrant et le 25 mètres historique, sont accessibles ensemble pour la première fois depuis plus de deux ans. Le maire Thomas Cazenave doit inaugurer l'équipement mercredi 2 septembre à 17 heures.

Le chantier, engagé en deux temps depuis 2024 pour ne jamais fermer totalement l'établissement, représente 15 millions d'euros. Il s'inscrit dans un programme municipal de 50 millions d'euros portant sur cinq piscines bordelaises : Galin, livrée en 2023 pour 21 millions d'euros, le Grand Parc réouvert en 2024 pour 5,5 millions, Tissot rénovée pour 800 000 euros, et Jean Zay dont les travaux doivent eux aussi s'achever cette année pour 9 millions. Bordeaux Métropole finance chaque projet à hauteur de 25 %, plafonnés à 2,5 millions d'euros. À Judaïque, l'argent est allé à la structure du bâtiment classé monument historique depuis 1996, à l'isolation et à l'accessibilité, plus qu'au décor : mosaïques, bancs et huisseries du grand bassin ont été restaurés à l'identique sous le contrôle de la Conservation régionale des monuments historiques. Sur les toits, 400 panneaux solaires couvrent désormais 20 % des besoins énergétiques du site, complétés par une production venue des équipements sportifs de Lescure. La ville annonce 20 à 30 % d'économies d'énergie grâce à l'ensemble des travaux d'isolation.

Ce que la fermeture a coûté aux nageurs bordelais

Deux ans et demi de chantier, cela laisse des traces ailleurs que sur les murs. Le bassin de 25 mètres a été fermé en même temps que la piscine du Grand Parc restait indisponible, cette dernière ayant elle-même accumulé un an de retard après la défaillance de l'entreprise chargée des travaux, selon la mairie. Résultat, documenté par le syndicat enseignant SNEP-FSU dans une étude publiée en 2024 : le nombre de créneaux horaires accessibles aux scolaires bordelais est passé de 612 à 366 entre 2022 et 2024, soit une baisse de 40 % en deux ans. Le syndicat y dénonçait des réunions annuelles de répartition des créneaux « dans un climat de tension », avec des arbitrages faits au détriment des élèves, et réclamait une politique de construction de bassins à la hauteur des besoins. Aucune réaction plus récente d'un club ou d'une fédération sur la réouverture elle-même n'a été rendue publique à ce stade.

Le calendrier annoncé a globalement tenu, avec un léger glissement : la fin de la seconde phase était prévue pour juin 2026 selon les documents municipaux, la réouverture effective intervient fin août. Un délai resté sans commune mesure avec celui du Grand Parc, où le changement d'entreprise avait fait perdre une année entière au projet.

Un équipement qui change d'usage autant que de façade

Au-delà de la remise en état, la piscine change de fonctionnement. Le bassin de 25 mètres, jusque-là réservé de fait par des escaliers étroits inaccessibles aux personnes à mobilité réduite, dispose désormais d'un accès autonome. Un nouvel espace bien-être, avec douches sensorielles et transats, a été créé au bord du grand bassin. Les clubs, qui réclamaient depuis longtemps des rangements pour leur matériel, ont obtenu des locaux aménagés dans des espaces auparavant à l'abandon, ainsi que de nouveaux vestiaires collectifs.

Le parvis a lui aussi été repensé : une centaine d'arceaux à vélos, des fixations pour trottinettes, un revêtement en dalles, et des plantations d'arbres prévues fin 2026. Avec ses 300 000 entrées annuelles et près de 1 000 visiteurs quotidiens revendiqués par la ville, Judaïque reste l'équipement aquatique le plus fréquenté du centre bordelais. Le grand bassin, lui, restera partagé : ouvert au public uniquement le jeudi matin de 7 heures à 11h45, il sera réservé le reste de la semaine aux scolaires et aux clubs, la même règle de partage qui avait nourri la pénurie de créneaux ces deux dernières années.

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