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Bordeaux Centre — Société

Pont de pierre : le tramway coupé jusqu'à fin août pour sauver les fondations

Depuis le 23 juin, les trams A et E ne franchissent plus la Garonne entre Stalingrad et Sainte-Catherine ou les Quinconces.…

Rédaction L'Échoppe 33
19 juillet 2026 · 2 min de lecture
Bordeaux (France): the Pont de Pierre bridge on the Garonne river

Marc Ryckaert (MJJR), CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons

Depuis le 23 juin, les trams A et E ne franchissent plus la Garonne entre Stalingrad et Sainte-Catherine ou les Quinconces. Jusqu'au 28 août, ce silence inhabituel sur le premier pont de Bordeaux traduit un mal profond : sous ses 17 arches, les fondations continuent de s'affaisser, millimètre après millimètre, chaque année, depuis plus de deux siècles.

Édifié entre 1810 et 1822 sur ordre de Napoléon Ier par les ingénieurs Claude Deschamps et Jean-Baptiste Billaudel, le Pont de pierre reste l'ouvrage le plus fréquenté de la ville : environ 60 000 usagers le traversent chaque jour, à pied, à vélo, en tramway ou en bus, selon Bordeaux Métropole. Ses 16 piles reposent chacune sur environ 250 pieux en bois, progressivement fragilisés par l'érosion des courants et un ancrage insuffisant dans le lit du fleuve.

Après une première campagne en 2025 sur trois piles, la métropole s'attaque cet été aux piles 7, 10, 13 et 16 : 16 micropieux enfoncés autour de chacune, soit 64 au total, pour ceinturer et stabiliser la structure, en plus de la réfection de l'étanchéité du tablier et de la protection des piles contre l'érosion. L'ensemble du chantier, prévu sur un peu plus de quatre ans, représente un investissement de 50 millions d'euros porté par Bordeaux Métropole.

Pendant les travaux, la circulation motorisée est totalement coupée sur le pont, déviée par des itinéraires alternatifs, tandis que piétons et cyclistes conservent l'accès, sur un espace réduit. Pour compenser l'absence de tramway, la métropole et TBM ont mis en place des bus relais entre Stalingrad et Quinconces, des navettes fluviales Le Bato toutes les 25 minutes, ainsi qu'un service de taxis-vélos pour les personnes à mobilité réduite. Une médiation chantier reste joignable en semaine pour répondre aux riverains et usagers gênés par ces perturbations.

Autre complication annoncée : du 10 au 21 août, les lignes B, C, D et F, pourtant censées assurer la continuité du réseau pendant l'interruption des lignes A et E, subiront elles-mêmes des interruptions partielles, le temps de travaux de renouvellement des rails d'alimentation par le sol. Deux chantiers qui se chevauchent, en plein été, sur le nœud de transport le plus stratégique de la métropole.

La prochaine étape du programme de consolidation, elle, est déjà actée : après cette quatrième campagne, il restera encore six piles à traiter d'ici la fin du chantier, prévue autour de 2029.

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