Blanquefort tente de sauver la forêt de Tanaïs, fragilisée par la sécheresse et une punaise venue d'Amérique
Sécheresse et punaise venue d'Amérique du Nord fragilisent les 64 hectares de la forêt, classée Espace naturel sensible depuis 2022.

Photo by Jan Huber on Unsplash
Soixante-quatre hectares de chênes et de pins, coincés entre la métropole et le Médoc : la forêt de Tanaïs n'a rien d'un bois ordinaire. Cette ancienne propriété viticole, transformée en camp militaire de 1942 à la fin des années 1960, a été rachetée par la ville de Blanquefort en 1995. Laissée à l'abandon après le départ de l'armée, elle a nécessité trente ans de campagnes de sécurisation et de défrichement avant que les Blanquefortais puissent s'y promener à nouveau, selon la mairie.
Classée en Espace naturel sensible en 2022, la forêt fait aujourd'hui l'objet d'une gestion à part : pas d'exploitation du bois, un abattage limité, un élagage réduit au strict nécessaire pour sécuriser les sentiers balisés ouverts aux randonneurs. Le cœur du massif, lui, se développe sans intervention humaine.
Mais Tanaïs souffre, constate Laurent Viennet, technicien forestier à l'Office national des forêts (ONF), cité par la mairie. Le stress hydrique s'ajoute aux dégâts de la punaise réticulée du chêne (Corythucha arcuata), un insecte piqueur-suceur originaire d'Amérique du Nord repéré pour la première fois en France en mai 2017, dans la région de Toulouse, selon le ministère de l'Agriculture. Cet insecte provoque un jaunissement des feuilles en été et leur chute prématurée, réduisant la capacité des arbres à photosynthétiser. Dans ses publications, le ministère qualifiait en 2017 les dégâts en forêt de « minimes », l'essentiel du préjudice restant esthétique dans les espaces ornementaux ; son impact combiné à la sécheresse, en revanche, reste à l'étude, notamment par l'Inrae de Bordeaux. S'y ajoute la progression d'essences exotiques envahissantes comme le robinier faux-acacia, le cerisier tardif ou le laurier, qui menacent à terme de remplacer le boisement d'origine.
Face à ces pressions, la ville de Blanquefort entretient les prairies par rotation pour préserver l'écosystème, réservoir de biodiversité et de stockage de carbone. Depuis mars 2025, elle mène aussi, avec l'ONF, une expérimentation sur un hectare particulièrement fragile : une zone replantée avec un panel d'essences plus résistantes au manque d'eau, pin maritime, chêne tauzin, chêne vert, chêne liège, poirier et pommier. L'évolution de ces plants est suivie de près et doit permettre, à terme, d'adapter le boisement aux nouvelles conditions climatiques.
Sources
Mairie de Blanquefort
Aux petits soins pour Tanaïs
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