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Villenave-d'Ornon — Environnement

Face au nématode du pin, une serre confinée s'ouvre à Villenave-d'Ornon

Une serre confinée de 2,8 millions d'euros ouvre à Villenave-d'Ornon pour étudier le nématode du pin, apparu en Gironde et dans les Landes depuis 2025.

Rédaction L'Échoppe 33
10 septembre 2026 · 2 min de lecture
green trees on brown grass field during daytime

Photo by Wim van 't Einde on Unsplash

Trois chapelles vitrées, des sas de décontamination, une pression d'air maintenue en cascade pour éviter toute fuite : sur le campus INRAE de Villenave-d'Ornon, la nouvelle serre confinée du module « Insect Free » ressemble à un laboratoire de haute sécurité végétale. Elle a été inaugurée le 9 septembre en présence du PDG d'INRAE Philippe Mauguin, du président de la Région Alain Rousset et du sénateur de la Gironde Hervé Gillé.

Cette installation de 132 m², intégrée à la plateforme de recherche EMERGREEN créée en 2023, doit permettre d'étudier en conditions confinées le nématode du pin, un ver microscopique originaire d'Amérique du Nord classé organisme de quarantaine prioritaire par la réglementation européenne. Le bâtiment comprend aussi un laboratoire de culture in vitro, une salle de microscopie et un laboratoire de migration équipé de 84 entonnoirs de type Baerman, utilisés pour extraire les nématodes du bois. L'ensemble, maintenu en dépression pour empêcher toute dissémination accidentelle, a coûté 2,825 millions d'euros hors taxes, financés notamment par la Région Nouvelle-Aquitaine (1,3 million d'euros), l'Union européenne via le FEDER (700 000 euros) et INRAE (560 000 euros).

Ce chantier scientifique répond à une urgence de terrain. Le nématode a été détecté pour la première fois en France en novembre 2025 à Seignosse, dans les Landes, provoquant l'abattage de 61 hectares de pins maritimes sur arrêté préfectoral, dans un rayon de 500 mètres autour du foyer. Un deuxième cas est apparu en mars 2026 à Angresse, à cinq kilomètres du premier, puis un troisième en juillet à Lescar, dans le Béarn. Le massif des Landes de Gascogne, qui couvre plus d'un million d'hectares entre Landes, Gironde et Lot-et-Garonne et repose à 75 % sur le pin maritime, est directement exposé.

La méthode d'éradication imposée par la législation européenne, coupe rase immédiate autour de chaque foyer, fait toutefois débat parmi les chercheurs. Plusieurs études scientifiques citées par la filière forestière estiment cette mesure insuffisante pour stopper la progression du ravageur, l'insecte vecteur du nématode pouvant voler bien au-delà du périmètre circonscrit. C'est précisément ce type de question, transmission, résistance variétale, efficacité des méthodes de lutte, que la nouvelle serre de Villenave-d'Ornon doit permettre d'étudier en conditions contrôlées, sans risque de propagation dans l'environnement.

La plateforme EMERGREEN, adossée aux unités de recherche BFP et BIOGECO, a été reconnue installation expérimentale par la Commission nationale des unités expérimentales depuis son ouverture progressive à la communauté scientifique.

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