French Tech Nova : Bordeaux pousse ses entrepreneurs "invisibles" vers le national
French Tech Nova entend corriger les inégalités de financement qui pénalisent les femmes entrepreneures et les créateurs issus de milieux modestes.

Jefunky, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Une femme fondatrice, un ancien résident de quartier prioritaire, une personne en situation de handicap : voilà le profil que la Mission French Tech veut désormais mettre en avant plutôt que reléguer au second plan. Baptisé French Tech Nova, le nouveau programme national, ouvert aux candidatures depuis le 30 juillet, vise à accompagner pendant six mois une quarantaine de start-up à fort potentiel portées par des entrepreneurs issus de parcours encore sous-représentés dans la tech française.
Relayé localement par French Tech Bordeaux, association qui fédère l'écosystème girondin des start-up depuis le site de Darwin, le dispositif s'adresse aux entreprises de moins de 50 salariés, créées depuis au moins un an et ayant déjà une première traction commerciale. Les critères de diversité retenus sont larges : femme fondatrice, résident ou ancien résident en quartier prioritaire de la politique de la ville ou en zone rurale fragile, personne en situation de handicap, réfugié, ancien boursier. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, Nova n'est pas un dispositif de financement mais un accompagnement stratégique : mentorat par des dirigeants du French Tech Next40/120, mises en relation avec investisseurs et grands groupes, visibilité médiatique renforcée. Les candidatures se clôturent le 30 septembre, les lauréats seront annoncés le 30 octobre, pour un programme courant de novembre 2026 à avril 2027.
Ce lancement intervient alors que la Mission French Tech a mis fin en 2025 à French Tech Tremplin, son dispositif historique dédié aux entrepreneurs de milieux modestes, lancé en 2019 et qui offrait jusqu'à 15 000 euros par projet en plus d'un accompagnement. Nova reprend l'objectif de diversité mais change de logique : plus de financement direct, un ciblage resserré sur des entreprises déjà en croissance plutôt que sur l'amorçage.
Les chiffres publiés par Bpifrance et le ministère de l'Économie rappellent l'ampleur de l'écart à combler. Selon le baromètre national de l'entrepreneuriat féminin, 32 % des femmes porteuses de projet obtiennent un financement externe contre 40 % des hommes, et les start-up fondées uniquement par des femmes ne captent qu'une part marginale des fonds de capital-risque disponibles en France. Un accompagnement a été suivi par 32 % des entrepreneures, contre 39 % de leurs homologues masculins.
À Bordeaux, où l'écosystème s'est structuré autour de lieux comme Darwin ou l'incubateur Bordeaux Technowest, la question sera de savoir combien de start-up locales parviendront à se glisser parmi les quarante lauréats nationaux attendus fin octobre, et si l'accompagnement suffira à compenser l'absence de financement direct qu'offrait l'ancien programme Tremplin.
Sources
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