Après les incendies, la Région débloque 15 millions d'euros et réclame une base de Canadair permanente
Après les incendies de juillet, la Région mobilise 15 millions d'euros publics et réclame à l'État une base permanente de Canadair.

Lamiot, CC BY-SA 4.0 , Wikimedia Commons
Trois millions et demi de mètres cubes de bois à terre, brûlés ou couchés, dans les forêts de Gironde et des Landes. C'est le chiffre que la Région Nouvelle-Aquitaine met en avant pour mesurer l'ampleur du chantier ouvert après les incendies de juillet, qui ont ravagé 40 965 hectares. Le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, lui, avance un total plus lourd encore, un peu plus de quatre millions de mètres cubes, course contre la montre engagée pour vendre ce bois avant l'arrivée des insectes ravageurs.
Face à ce volume, la collectivité a présenté le 11 septembre un plan de 14 mesures réparties en trois axes : amortir le choc, organiser le rebond, reconstruire plus solide. Sur le papier, 15 millions d'euros d'argent public, 10,5 millions de la Région et 4,4 millions de fonds européens, doivent servir de levier pour mobiliser jusqu'à 127 millions d'euros de financements privés. Les modalités concrètes seront votées en commission permanente le 28 septembre.
Concrètement, les entreprises sinistrées pourront solliciter des prêts de 5 000 à 50 000 euros cofinancés avec Bpifrance, ou des reports d'échéances jusqu'à 24 mois sur les garanties bancaires déjà accordées par la Région. Une aide plafonnée à 15 000 euros est prévue pour les commerces et artisans de proximité qui doivent reconstruire un atelier. Deux millions d'euros sont aussi fléchés vers la SEM Nouvelle-Aquitaine Croissance Tourisme, censée soutenir hôtels et campings sinistrés.
Mais le volet le plus politique du dossier concerne l'État. La Région réclame l'implantation d'une base permanente de bombardiers d'eau, en s'appuyant sur la base aérienne 106 de Mérignac ou celle de Mont-de-Marsan. Une demande qui n'a rien de nouveau : comme nous l'écrivions le 22 août, la Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne réclament déjà cet équipement depuis les feux de 2022, sans réponse ferme de l'État à ce jour. "On ne peut pas demander aux Régions d'être en première ligne face au changement climatique tout en réduisant leurs capacités financières d'intervention", a averti le président Alain Rousset, qui demande aussi une décentralisation de la politique d'adaptation climatique et un statut de "laboratoire national" pour le massif des Landes de Gascogne.
Côté forêt, la Région veut aussi accompagner la récolte du bois brûlé sans sacrifier la biodiversité, en mobilisant l'Agence régionale de la biodiversité et le Conservatoire botanique Sud-Atlantique. Les modalités précises de chaque aide, montants et critères d'éligibilité, seront arrêtées lors de la commission permanente du 28 septembre 2026.
Sources
Région Nouvelle-Aquitaine
Incendies en Gironde et dans les Landes : les 14 mesures de la RégionRégion Nouvelle-Aquitaine
Incendies en Gironde et dans les Landes : 3 demandes de la Région à l'Etat
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