Incendies de l'été : le Département rouvre le dossier en séance plénière exceptionnelle
Deux mois après le méga-feu de Saumos, le Département réunit ses élus le 28 septembre pour faire les comptes d'une reconstruction chiffrée en centaines de…

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À Saumos, la forêt communale a perdu plus de neuf dixièmes de ses 850 hectares le 22 juillet dernier, en quelques heures. Deux mois plus tard, les troncs noircis sont toujours debout, la commune a perdu l'essentiel de ses revenus forestiers pour des décennies, et c'est ce paysage calciné que les élus du Département de la Gironde vont rouvrir le 28 septembre, à 10 heures, lors d'une séance plénière exceptionnelle consacrée aux incendies. La Préfète de Gironde et le service départemental d'incendie et de secours (Sdis) y sont annoncés, selon le communiqué publié par le Département.
Le rendez-vous n'est pas anodin dans son format. Ce n'est que la deuxième fois en quatre ans que l'assemblée départementale se réunit spécifiquement sur ce sujet : la précédente séance plénière exceptionnelle dédiée aux incendies remonte au 10 octobre 2022, après les feux de Landiras et de La Teste-de-Buch. Le président du Département, Jean-Luc Gleyze, y avait alors demandé une minute d'applaudissements pour les pompiers, dont 845 avaient été blessés cet été-là, et annoncé un coût de 10,5 millions d'euros pour la collectivité. Cette fois, l'addition s'annonce d'un tout autre ordre.
Un feu deux fois plus étendu qu'en 2022, un bilan humain différent
Le comparatif donne la mesure du changement d'échelle. En 2022, les deux principaux foyers girondins, Landiras et La Teste-de-Buch, avaient parcouru un peu plus de 20 000 hectares à eux deux, pour un total départemental annuel d'environ 32 000 hectares et 46 750 personnes évacuées. Cet été, le seul incendie parti de Saumos le 22 juillet a brûlé 42 000 hectares et détruit 240 bâtiments, obligeant à l'évacuation d'environ 224 000 personnes, selon les chiffres communiqués par le Département début août. C'est, à l'échelle nationale, le plus vaste feu de forêt observé en France depuis 1949. Aucun habitant n'y a laissé la vie, mais deux pompiers sont morts au feu le 21 juillet près de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, et plus de 330 sapeurs-pompiers ont été blessés en luttant contre les flammes.
La reconstruction, elle, se chiffre en centaines de millions. Le ministère de la Transition écologique évalue entre 5 000 et 10 000 euros le coût de restauration d'un hectare de forêt brûlée, ce qui porte la facture potentielle entre 580 millions et 1,16 milliard d'euros pour l'ensemble de la surface parcourue par les flammes cet été en Gironde et dans les Landes. Face à cela, les enveloppes déjà annoncées restent modestes : la Région Nouvelle-Aquitaine a présenté un plan de 10,5 millions d'euros pour le prêt aux entreprises, la reconstitution d'une forêt bocagère et le soutien au tourisme local, et le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué un plan national approchant la centaine de millions d'euros, sans calendrier précis à ce jour. Une première enveloppe de 250 000 euros a par ailleurs été débloquée pour l'organisme de défense des forêts contre l'incendie (DFCI 33) et le groupement d'intérêt public chargé de cartographier les dégâts.
Comme nous l'écrivions le 8 août, le Département avait alors choisi de jouer la carte de la durée plutôt que de l'urgence immédiate, avec un dispositif d'accueil ouvert à l'école du Porge pour orienter les sinistrés vers un accompagnement médical, psychologique, social et administratif. Cette structure reste active six jours sur sept, et la séance du 28 septembre doit permettre aux élus de faire un point d'étape sur ce que cet accompagnement a concrètement produit, deux mois après le pic de la crise.
Ce que les aides déjà annoncées ne couvrent pas encore
Côté indemnisation individuelle, l'État a mis en place un train de mesures: aide plafonnée à 8 000 euros pour les travailleurs indépendants sinistrés, dégrèvement de taxe foncière et de taxe d'habitation pour les logements devenus inaccessibles, report des cotisations sociales, remboursement des frais de relogement pendant trois semaines maximum. Une enveloppe agricole nationale de 235 millions d'euros a également été mobilisée pour soutenir la trésorerie des exploitations affectées par la sécheresse et les incendies, dont 37,36 millions pour la Nouvelle-Aquitaine et un complément de 4 millions ciblé sur les exploitations directement touchées par le feu.
Ce filet ne satisfait pas tout le monde. Le syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, dont les pertes sont estimées jusqu'à 120 millions d'euros à l'échelle de la filière, réclame des subventions pour traiter et valoriser le bois brûlé avant qu'il ne perde toute valeur marchande, ainsi que des prix de reprise négociés face à l'afflux de grumes calcinées sur le marché. À ce stade, aucune réponse chiffrée n'a été apportée à cette demande, qui figure parmi les points que les élus départementaux devraient aborder le 28 septembre. Aucune autre opposition organisée à la gestion de la crise ne s'est exprimée publiquement à ce jour.
La séance sera retransmise en direct sur le site du Département, qui met par ailleurs à disposition l'ensemble des délibérations votées depuis le début de la crise via son outil de consultation en ligne.
Sources
Conseil Départemental de la Gironde
Séance plénière exceptionnelle du Conseil Départemental du 28 septembre 2026
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