Sur l'ancien site de Robert Picqué, 5 800 m² promis aux start-up de la santé dès 2027
Bordeaux Métropole promet 5 800 m² aux entreprises de santé dès 2027, sur le site de l'ex-hôpital militaire fermé fin 2025.
Photo by Julia Koblitz on Unsplash
Derrière les grilles de l'ancien hôpital militaire, le bâtiment des urgences est vide depuis des mois. Les couloirs qui ont vu passer les premiers patients Covid de la région au printemps 2020, puis des générations de militaires et de civils, attendent désormais leurs prochains occupants : des entreprises de la santé. Bordeaux Métropole vient de fixer une échéance précise pour cette reconversion engagée depuis six ans, la plus importante opération d'aménagement du sud de l'agglomération. Dès fin 2027, 5 800 m² seront proposés à la location ou à la vente dans cet ancien bâtiment des urgences, avec des salles techniques aux normes de salle blanche, 500 m² de laboratoires équipés de chambres froides et la possibilité d'aménager des toits terrasses, selon l'annonce diffusée le 20 août par French Tech Bordeaux.
Le site de 25 hectares, situé entre la rocade et les boulevards, à une vingtaine de minutes de la gare Saint-Jean, a longtemps porté le nom d'hôpital d'instruction des armées Robert-Picqué. Avant lui, au XVIIIe siècle, le domaine viticole de Béquet occupait les mêmes terres : le bâtiment de la « Chefferie », datant de 1770, a été conservé et sera lui aussi réhabilité. Après l'abandon d'un projet de fusion avec la clinique Bagatelle de Talence, l'armée a acté la fermeture progressive de l'établissement civilo-militaire et de ses 242 lits fin 2025. Le site a alors été scindé en deux : 9 hectares restent la propriété du ministère des Armées pour y bâtir un nouvel hôpital spécialisé dédié aux blessés de guerre, livrable vers 2030, tandis que les 16 à 19,8 hectares restants basculent sous la maîtrise d'ouvrage de Bordeaux Métropole, via sa société d'aménagement La Fabrique de Bordeaux Métropole (La Fab).
Que reste-t-il de la vocation soignante du site ?
La partie conservée par l'armée n'a pas disparu, elle a changé de mission. Depuis le 1er janvier 2026, l'hôpital spécialisé des armées Robert-Picqué s'est recentré sur la médecine physique et de réadaptation, la psychiatrie et l'accompagnement de long terme des blessés, avec 48 lits en hospitalisation conventionnelle et de jour, selon les données publiées par le ministère des Armées. Une mission resserrée, loin des 242 lits et des urgences civiles d'hier.
Cette bascule ne s'est pas faite sans critique. Le bulletin de l'organisation politique Lutte Ouvrière a pointé la disparition d'un service accessible à une majorité de civils, l'établissement accueillant selon elle 80 % de patients non militaires, et regretté la perte d'un des rares lieux où l'on pouvait obtenir un scanner ou une IRM sans attendre des mois ni subir de dépassements d'honoraires. Aucune autre organisation, syndicale ou associative, ne s'est exprimée publiquement à ce stade sur le sujet.
Le calendrier tenu jusqu'ici, et ce qui reste à construire
Le dossier a suivi un calendrier resserré : études urbaines lancées en 2020, plan guide en 2022, concertation publique de septembre à décembre 2023, étude d'impact publiée en juillet 2024, création de la zone d'aménagement concerté par délibération métropolitaine le 6 décembre 2024, puis concession accordée à La Fab en mai 2025. L'appel à manifestation d'intérêt destiné aux futurs occupants a été lancé en décembre 2025, une fois le départ des militaires acté. Les premières acquisitions foncières et les premiers travaux sont prévus cette année sur une première tranche de 6,5 hectares, avant l'ouverture des premiers bâtiments début 2027 et celle d'un premier tronçon du parc à l'été 2027, sur une deuxième tranche de près de 9,8 hectares.
À terme, le programme complet vise 40 000 m² dédiés aux activités économiques, avec priorité à l'innovation en santé, pour 1 500 à 2 000 emplois annoncés par Bordeaux Métropole, répartis sur un site où 10 hectares seront transformés en parc paysager ouvert au public, conservant environ 400 arbres existants. Le programme détaillé publié par La Fab affine ces volumes en 22 000 m² d'activités économiques, 18 000 m² d'équipements et services collectifs, 9 500 m² dédiés à l'artisanat et au commerce, et 1 500 m² de logements spécifiques, notamment étudiants et intergénérationnels. La conception urbaine a été confiée à l'agence Anyoji Beltrando, associée au paysagiste Atelier Roberta, avec une desserte assurée par la ligne C du tramway.
Les premières entreprises pourront candidater à une implantation dans l'ancien bâtiment des urgences dès la livraison de fin 2027, selon Bordeaux Métropole et La Fab, qui pilotent conjointement l'opération avec la Ville de Villenave-d'Ornon.
Sources
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