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Mérignac — Environnement

Cantines bio : Mérignac récompensée quand la France peine à atteindre ses objectifs

Une soupe froide de courgette, préparée avec les légumes de la ferme des Chênes : voilà, très concrètement, ce que récompense le trophée décerné fin juillet à…

Rédaction L'Échoppe 33
1 août 2026 · 2 min de lecture
a pile of different types of vegetables on a white surface

Photo by Randy Fath on Unsplash

Une soupe froide de courgette, préparée avec les légumes de la ferme des Chênes : voilà, très concrètement, ce que récompense le trophée décerné fin juillet à Mérignac par l'association Un Plus Bio. Sur 243 collectivités candidates à travers la France, 53 ont reçu une distinction cette année. Mérignac fait partie des lauréates dans la catégorie « Ville engagée », réservée aux communes de taille moyenne et grande qui recréent du lien avec le monde agricole environnant et portent des projets éducatifs sur la santé et l'alimentation.

Derrière le trophée, une politique construite depuis plusieurs années : une ferme urbaine municipale, une conserverie mobile qui vient de sortir ses premières tartinades de courgettes et soupes froides, et de multiples interventions dans les écoles autour de l'alimentation. La commune revendique, sur sa page dédiée au label « territoire bio engagé », une part de produits biologiques dans sa restauration collective nettement supérieure à la moyenne nationale.

Le contraste est net avec la situation observée à l'échelle du pays. La loi EGAlim impose depuis 2018 un objectif de 20 % de produits bio dans les repas servis en restauration collective. Selon le bilan statistique 2025 publié par le ministère de l'Agriculture sur la plateforme « ma cantine », seuls 11,8 % des achats télédéclarés en 2024 étaient effectivement bio, et 44 % des cantines ayant renseigné leurs données atteignaient l'objectif légal. Un tiers seulement des cantines respectent l'ensemble des critères fixés par la loi, selon La France Agricole. Le ministère appelle régulièrement la restauration collective à « redoubler d'efforts » pour tenir ses engagements et soutenir la filière bio, fragilisée depuis plusieurs années par la baisse de la consommation.

Ce décalage entre les ambitions nationales et leur application sur le terrain nourrit un débat récurrent chez les professionnels de la restauration collective, qui pointent le surcoût des produits biologiques et les contraintes d'approvisionnement local, notamment pour les petites communes moins structurées que les grandes villes.

À Mérignac, l'effort ne se limite pas à l'assiette. Le centre d'animation de la Transition écologique de la ville revendique près de 800 personnes touchées par ses ateliers depuis janvier, dont plus de 880 élèves dans 40 classes et une centaine d'habitants engagés dans un programme de sciences participatives consacré aux hérissons. Des chiffres modestes à l'échelle d'une ville de plus de 70 000 habitants, mais qui dessinent une stratégie de sensibilisation tous publics, des crèches aux foyers pour seniors.

Reste à savoir si ce type de reconnaissance, largement fondée sur la restauration scolaire, se traduira par une accélération plus large de la bio dans l'assiette des Mérignacais, alors que la filière biologique française traverse une période de tensions économiques persistantes.

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