L'Échoppe33

Mérignac — Environnement

Un parc d'activités à Mérignac malgré les réserves du Conseil national de la protection de la nature

Sur un terrain de 4,32 hectares à la vocation encore incertaine, entre entrepôts et friches, la société Atlantique Gascogne Constructions (AGC) veut faire…

Rédaction L'Échoppe 33
27 juillet 2026 · 2 min de lecture

Sur un terrain de 4,32 hectares à la vocation encore incertaine, entre entrepôts et friches, la société Atlantique Gascogne Constructions (AGC) veut faire sortir de terre Axioparc, un nouveau parc d'activités économiques. Le projet prévoit 9 400 m² de terrain constructible, 5 700 m² de voiries, 4 000 m² de parkings et un hectare d'espaces verts, complétés par deux bassins de rétention des eaux pluviales. Un peu plus d'un quart du site, 1,3 hectare, serait préservé en espaces naturels.

Parce que cette artificialisation touche des habitats d'espèces protégées, la loi impose à AGC de solliciter une dérogation. Le dossier recense la présence de dix espèces de mammifères, trente-trois d'oiseaux, cinq d'amphibiens, un reptile et un insecte sur le site, situé dans un contexte fortement urbanisé, à dominante plus industrielle que résidentielle, et ne recoupant aucun zonage environnemental protégé selon la DREAL Nouvelle-Aquitaine.

La Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) a ouvert une consultation publique sur cette demande de dérogation le 22 juillet, en application de la loi de 2012 sur la participation du public aux décisions ayant une incidence environnementale. Les habitants peuvent déposer leurs observations jusqu'au 10 août, par voie postale ou via un questionnaire en ligne.

Cette consultation intervient après un avis du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) rendu en septembre 2025, et loin d'être une formalité. L'instance, chargée d'examiner les projets impactant des espèces protégées, a estimé que l'absence de solutions alternatives n'était pas suffisamment démontrée par le porteur de projet. Selon le CNPN, les trois variantes présentées par AGC ne différaient que par l'implantation des bâtiments et des voiries sur une même emprise foncière, ce qui relève selon lui d'un évitement en amont plutôt que d'une véritable recherche de sites alternatifs fondée sur une comparaison multicritères. Le Conseil a également pointé les enjeux liés à certaines espèces d'oiseaux, notamment le milan noir, tout en relevant que la majorité des autres espèces recensées présentaient un bon état de conservation localement.

AGC a depuis produit un dossier de réponse à cet avis, également mis en ligne par la DREAL. Reste à savoir si les compléments apportés suffiront à lever les réserves formulées par le CNPN, dont l'avis, bien que consultatif, pèse généralement lourd dans la décision finale du préfet. La consultation publique, elle, se referme dans une quinzaine de jours.

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