Chenilles processionnaires : Eysines appelle les habitants à surveiller leurs pins dès maintenant
Avec le réchauffement climatique, les chenilles processionnaires gagnent du terrain en France et menacent pins, habitants et animaux domestiques.

Photo by Lefteris Pachis on Unsplash
Un nid blanchâtre en forme de cocon, accroché en haut d'un pin, aux beaux jours de l'été : c'est le signe qu'une nouvelle génération de chenilles processionnaires prépare son installation pour l'hiver. La mairie d'Eysines rappelle aux propriétaires et locataires de terrains la nécessité de surveiller leurs arbres et d'agir dès l'apparition des premiers nids.
La processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) tire son nom de son mode de déplacement caractéristique : les chenilles avancent en file indienne, parfois sur plusieurs mètres, avant de gagner le sol pour s'enterrer et se transformer en papillon. En Gironde, la descente hivernale des colonies, la période la plus risquée pour les contacts accidentels, se produit habituellement entre janvier et avril. Mais c'est justement en fin d'été que les papillons adultes s'envolent pour pondre leurs œufs sur les aiguilles de pin, donnant naissance aux nids qui grossiront tout l'automne. Repérer et détruire ces nids naissants maintenant limite donc la prolifération pour l'hiver suivant.
Le danger tient aux poils urticants microscopiques que les chenilles projettent lorsqu'elles se sentent menacées. Chez l'homme, le contact provoque démangeaisons, œdèmes, irritations oculaires ou respiratoires, voire des réactions allergiques sévères. Chez les animaux domestiques, en particulier les chiens qui reniflent les nids au sol, l'exposition peut entraîner des nécroses de la langue et des muqueuses buccales, nécessitant une prise en charge vétérinaire en urgence.
L'Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, qui publie un guide pratique de lutte contre l'insecte, insiste sur les mêmes précautions que la municipalité : ne jamais toucher un nid ou une chenille à mains nues, et porter des équipements de protection (combinaison, gants, lunettes, masque) en cas d'intervention. À Eysines, le service espaces verts recense chaque année les arbres infestés sur le domaine public pour planifier ses traitements, mais la collectivité rappelle que cette lutte ne peut fonctionner sans la mobilisation des particuliers sur leurs propres parcelles.
Le phénomène dépasse largement le cadre communal. Selon les cartographies actualisées par l'Inrae, la processionnaire du pin, longtemps cantonnée au sud et à l'ouest de la France, poursuit sa progression vers le nord sous l'effet du réchauffement climatique, colonisant désormais des régions comme le Centre-Val de Loire ou l'Île-de-France où elle était jusqu'ici absente. Un signe que la vigilance de saison, à Eysines comme ailleurs, n'est plus vouée à rester un problème strictement régional.
Sources
Mairie d'Eysines
LUTTER CONTRE LES CHENILLES PROCESSIONNAIRES DES PINS
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