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Cinq sites fermés jusqu'au 8 novembre à l'université de Bordeaux

Le président Dean Lewis justifie par la sécurité la fermeture prolongée, qui touche près de 20 000 étudiants, et annonce une consultation des campus mobilisés.

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Bâtiment de la licence Sciences et technologies sur le campus de Talence, avec une pelouse au premier plan et quelques étudiants assis

Prométhée33, CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Sur 220 000 vœux formulés cette année, l'université de Bordeaux disposait de 9 600 places en première année de licence et en BUT (bachelor universitaire de technologie). Soit environ 23 demandes pour une place. Le président de l'établissement, Dean Lewis, cite ce chiffre pour expliquer pourquoi la réforme de Parcoursup, la plateforme d'admission, lui paraît difficile à appliquer. Il vient s'ajouter à un autre : près de 20 000 étudiants concernés par la fermeture de cinq sites, prolongée jusqu'au dimanche 8 novembre inclus.

Dans un entretien publié le 3 novembre par l'université, Dean Lewis dit que « les conditions n'étaient pas réunies pour reprendre nos activités sereinement » après les vacances de la Toussaint. La reprise était prévue le lundi 2 novembre.

Pourquoi fermer plutôt que rouvrir au jour le jour ?

Le président invoque d'abord la sécurité. Selon lui, l'université a « essuyé plusieurs tentatives de blocages par les portes d'accès » de bâtiments d'enseignement accueillant beaucoup d'étudiants et de personnels. Or bloquer les accès revient aussi à bloquer les issues de secours. À chaque réouverture, dit-il, il a fallu faire revenir étudiants et personnels, « parfois de loin », avant de faire face à de nouvelles tentatives de blocage.

Une nouvelle mobilisation est annoncée ce jeudi 5 novembre. Prolonger la fermeture jusqu'au 8 permet, selon Dean Lewis, de donner de la visibilité plutôt que de « multiplier les décisions au jour le jour ». Il observe aussi que de nombreuses universités françaises qui avaient rouvert le 2 novembre font état de nouveaux blocages.

Les sites concernés ne sont pas listés dans l'entretien. Le site Bouger à Bordeaux cite les campus Victoire à Bordeaux, Pey-Berland, Montesquieu à Pessac, Peixotto et Bordes à Talence. ICI (France Bleu) n'en compte que quatre, sans Pey-Berland. Seuls certains bâtiments sont fermés, pas toute l'université. Selon Bouger à Bordeaux, les cours passent en ligne, sont déplacés ou reportés selon les formations.

Côté étudiants, le compte « Montesquieu en lutte », cité par ICI, dénonce une décision prise sans vote ni négociation. À Montesquieu, plusieurs centaines d'étudiants avaient voté en assemblée générale le blocage des campus Montesquieu et Peixotto. L'université Bordeaux Montaigne, établissement distinct, a repris ses cours le 2 novembre à 14 h sur le campus de Pessac. Son président, Alexandre Péraud, a demandé aux enseignants de ne pas organiser d'évaluations les jours de mobilisation nationale.

Le dossier avait déjà fait l'objet de plusieurs épisodes. Comme nous l'écrivions le 23 octobre, des blocages et tentatives d'occupation avaient repris à Pessac et Talence après la réouverture du 20 octobre. Et le 14 octobre, Bordeaux Montaigne avait fermé quatre bâtiments à Pessac.

Les annonces du gouvernement répondent-elles aux étudiants ?

Le 26 octobre, le gouvernement a présenté des mesures pour répondre aux mobilisations lycéennes et étudiantes. D'après L'Étudiant, les bourses sur critères sociaux seraient indexées sur l'inflation : 37 millions d'euros de plus en 2027, 121 millions en 2028 et 220 millions en 2029. La mesure doit encore passer au Sénat. Le gouvernement annonce aussi 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur (10 000 en BTS dès 2027, puis 4 000 en BUT et 1 000 liées à la licence portail santé). Enfin, un milliard d'euros doit aller à la rénovation des universités d'ici 2029, dont 200 millions d'ici 2027. Un nouveau système doit remplacer Parcoursup dès 2028.

Dean Lewis juge ces annonces utiles mais « loin de répondre à l'ensemble des difficultés ». Il rappelle que France Universités, l'association des présidents d'université, demande de relancer la réforme des bourses, dont les travaux techniques étaient prêts, avec au moins 340 millions d'euros pour corriger les effets de seuil. Sur les nouvelles places, il s'interroge sur leur financement alors que des universités gèlent ou suppriment des postes d'enseignants. Sur l'immobilier, il y voit un « premier signal positif » qui doit amorcer un plan bien plus ambitieux.

Du côté des organisations lycéennes et étudiantes, L'Étudiant rapporte qu'elles jugent les annonces insuffisantes et appellent à poursuivre le mouvement. Elles réclament 250 000 places supplémentaires.

Pour Parcoursup, Dean Lewis se dit dubitatif sur l'obligation de motiver les refus. Motiver individuellement plusieurs dizaines de milliers de refus alourdirait, dit-il, la charge des services administratifs et des équipes pédagogiques.

Que prévoit l'université pour la suite ?

Une consultation doit démarrer « dès la semaine prochaine » auprès des étudiants des campus mobilisés : Sciences humaines, Sciences et technologies, et Droit-science politique-économie-gestion. Elle doit être complétée par des webinaires réunissant directions de composantes, gouvernance, élus étudiants et volontaires. Un formulaire doit être envoyé par courriel.

Le président prévient que « écouter ne signifie pas promettre que toutes les demandes seront satisfaites » : certaines relèvent de décisions nationales, d'autres de limites budgétaires, réglementaires ou pédagogiques. Il reconnaît que l'établissement accueille de plus en plus d'étudiants sans les moyens correspondants, et que sa situation financière « reste très contrainte ».

Le 20 octobre, Dean Lewis et la vice-présidente Catherine Gauthier avaient déjà échangé directement avec des étudiants. Ce jour-là, les présidents d'université publiaient aussi un manifeste pour la jeunesse.

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