Face au marché qui bascule, le vignoble bordelais mise sur le drone et l'export
Près de 7 840 hectares de vignes sont candidats à l'arrachage primé en Gironde en 2026, alors que la filière cherche de nouveaux débouchés.
Photo by John Cameron on Unsplash
Vendanges terminées ou en cours selon les appellations, le vignoble bordelais entame une rentrée sous tension. La consommation de vin rouge recule en France, la concurrence étrangère progresse en qualité, et le changement climatique rebat les cartes des terroirs. Résultat : derrière la vitrine patrimoniale, la filière taille dans ses surfaces. Selon les chiffres publiés cette année, 27 926 hectares de vignes sont candidats à l'arrachage primé en France pour la campagne 2026, dont environ 7 840 hectares en Gironde, soit 28 % du total national. La prime versée par hectare arraché atteint 4 000 euros, pour un budget national de 130 millions d'euros. Le président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), Bernard Farges, évoque une perte cumulée pouvant atteindre 30 000 hectares depuis 2023, ramenant la superficie du vignoble bordelais autour de 86 000 hectares.
C'est dans ce contexte que la Ville de Bordeaux consacre le numéro de septembre de son magazine municipal aux mutations de la filière. Au château Les Bertrands, à Reignac dans le Blayais, Laurent Dubois raconte trois décennies passées à chercher de nouveaux débouchés : de la Chine, dont l'intérêt pour le bordeaux s'est effondré après la fin des années 2010 et le Covid, vers l'Afrique de l'Ouest, où sa production s'exporte aujourd'hui par conteneurs de 10 000 à 12 000 bouteilles. La propriété familiale, amputée de 30 hectares il y a trois ans, a reconverti une partie de ses terres à l'élevage bovin avec un partenariat associant un éleveur et Enedis.
Au château d'Agassac, à Ludon-Médoc, le directeur général Lucas Leclercq mise sur la diversification des vins produits, blancs, rosés et cépages uniques, et sur des techniques comme l'élevage en amphore de terre cuite. "On est obligés de se remettre en question", résume-t-il, tout en défendant le maintien d'une "forte identité bordelaise". Un hôtel haut de gamme doit ouvrir à l'entrée du domaine pour développer l'accueil des visiteurs.
L'œnotourisme reste l'un des rares moteurs en croissance : 2,5 millions de visiteurs ont sillonné les vignobles de Nouvelle-Aquitaine en 2025, dont 45 % d'étrangers, selon la Route des vins de Bordeaux en Graves et Sauternes. Drones de pulvérisation, capteurs détectant le mildiou et intelligence artificielle appliquée au séquençage de la vigne complètent cette panoplie, présentée par Laurent David, président de la Winetech, comme une réponse nécessaire à la pression climatique et commerciale. Aucun syndicat viticole n'a pour l'instant communiqué de position officielle sur le volet de l'arrachage évoqué par le CIVB pour la campagne 2026-2027, qui doit s'accompagner d'une nouvelle aide de 4 000 euros par hectare.
Sources
Mairie de Bordeaux
Le vignoble bordelais se réinventeMairie de Bordeaux
De nouveaux défis à releverMairie de Bordeaux
L'innovation fait disruption
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