Feux de Gironde : la recherche bordelaise décortique les fumées, les sols et l'ampleur inédite du désastre
Après 47 000 hectares brûlés et 220 000 évacués en Gironde, des chercheurs bordelais étudient fumées, sols et régénération des forêts.
Photo by Fachy Marín on Unsplash
Cinq mois après les flammes, les cendres n'ont pas fini de parler. Dans un fil publié sur son compte Bluesky, l'Université de Bordeaux a mis en avant cinq de ses scientifiques revenant sur les feux extrêmes qui ont ravagé la Gironde cet été. Une manière de prolonger, par la recherche, un épisode qui a marqué le département bien au-delà de la saison des incendies.
Le bilan reste, à ce jour, l'un des plus lourds jamais enregistrés dans le Sud-Ouest. Selon les données rassemblées après la crise, les feux partis fin juillet ont détruit plus de 47 000 hectares en Gironde et dans les Landes, entraînant l'évacuation d'environ 220 000 personnes côté girondin, du bassin d'Arcachon jusqu'aux abords de l'agglomération bordelaise. Plus de 3 300 pompiers et 1 500 militaires avaient été mobilisés, et plus de 330 sapeurs-pompiers avaient été blessés en Gironde. Le sinistre reste toutefois inférieur, en surface, à celui de 1949, qui avait brûlé 52 000 hectares et fait 82 morts.
Au-delà des chiffres, c'est le terrain de recherche lui-même qui a été touché : les incendies ont détruit près de 80 hectares d'installations expérimentales de l'Inrae, dont plusieurs observatoires forestiers suivis depuis des décennies, ce qui affecte des programmes d'étude nationaux et européens sur l'adaptation des forêts au changement climatique.
Les équipes bordelaises se sont donc réorganisées autour de trois axes, selon l'université : le suivi des fumées, pour documenter l'exposition des populations et des secours aux particules fines et aux gaz de combustion ; l'état des sols et de l'eau, avec la question du transfert des cendres vers les cours d'eau ; et la recolonisation biologique des zones brûlées, entre régénération naturelle et dégradations qui pourraient s'installer dans la durée. Le département Sciences de l'environnement de l'université y associe une dimension économique, portée par l'École d'économie de Bordeaux, sur le coût de la prévention, les assurances et l'usage des sols.
Ces travaux s'inscrivent dans un contexte déjà documenté localement : comme nous l'écrivions le 18 juillet, le département avait maintenu ses restrictions estivales en mémoire des 30 000 hectares perdus en 2022, avant que l'été 2026 ne dépasse ce précédent. Une étude de l'initiative World Weather Attribution, associant un chercheur de l'Inrae, évalue que le changement climatique a au moins doublé, en France, le risque de conditions propices à de tels feux par rapport à l'ère préindustrielle.
À lire aussi
Bruges — Environnement
Bassens : le biogaz version portuaire, une usine à transformer les déchets en chauffage
Une unité de méthanisation à Bassens transforme 25 000 tonnes de déchets par an en gaz pour 2 600 foyers.
Environnement
Bordeaux Métropole lance le Mois de la résilience face aux canicules et inondations
Après un été à 40 °C et des incendies, la métropole propose un mois d'ateliers pour apprendre à réagir aux risques climatiques.
Mérignac — Environnement
Covoiturage sans réservation : Mérignac se branche sur les lignes Modalis
Trois arrêts de covoiturage sans réservation ouvrent à Mérignac, gratuits un an pour les passagers, sur fond d'expérimentation de deux ans.