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Environnement

Incendies de Gironde : le changement climatique a doublé le risque, confirme une étude avec l'INRAE

Quarante-deux mille hectares partis en fumée, 220 000 personnes évacuées, plus de 240 bâtiments détruits : le bilan des feux qui ont ravagé la forêt des Landes…

Rédaction L'Échoppe 33
4 août 2026 · 2 min de lecture
silhouette of trees

Photo by roya ann miller on Unsplash

Quarante-deux mille hectares partis en fumée, 220 000 personnes évacuées, plus de 240 bâtiments détruits : le bilan des feux qui ont ravagé la forêt des Landes de Gascogne fin juillet restera comme l'un des plus lourds jamais enregistrés en Gironde. Une étude publiée le 30 juillet par le World Weather Attribution, à laquelle a participé un chercheur de l'unité Biogeco d'INRAE basée à Cestas, apporte un chiffrage précis à ce que beaucoup pressentaient : le changement climatique d'origine humaine a rendu les conditions météorologiques propices à ces incendies au moins deux fois plus probables dans le sud-ouest de la France, et au moins vingt fois plus probables dans le centre de l'Espagne, où des feux comparables ont éclaté au même moment.

Les chercheurs, dont Arndt Hampe, écologue à Biogeco, se sont appuyés sur un indicateur appelé indice de gravité quotidienne, qui combine chaleur, sécheresse et vent pour mesurer la difficulté à maîtriser un feu une fois déclaré. Ils ont analysé la séquence du 6 au 12 juillet, période où cet indice a atteint son pic dans la région Gironde-Landes. Verdict : un épisode d'une telle intensité, qui aurait dû statistiquement se produire une fois tous les vingt ans dans un climat sans réchauffement, devient nettement plus fréquent aujourd'hui. Les auteurs pointent aussi un mécanisme précis : des hivers pluvieux suivis de printemps secs, qui font pousser une végétation abondante avant de l'assécher, transformant la forêt en combustible.

Au 31 juillet, la préfecture de Gironde annonçait le feu fixé et 198 000 des 220 000 personnes évacuées de retour chez elles. Les premiers travaux d'indemnisation avec les assureurs ont démarré, en lien avec les élus locaux. Reste la question, récurrente depuis les incendies de 2022 à Landiras et La Teste-de-Buch, déjà 30 000 hectares brûlés, des moyens consacrés à l'entretien du massif. Plusieurs voix, dont des élus locaux, ont relancé le débat sur la baisse des effectifs de l'Office national des forêts affectés à la lutte contre les incendies et sur l'état des pare-feux, financés dans le cadre de la mission Défense des forêts contre les incendies portée par le ministère de l'Agriculture. L'ONF rappelle de son côté que les obligations légales de débroussaillement, renforcées en 2026, concernent désormais près de 7 400 communes en France, dont une large partie du massif landais.

À l'échelle nationale, plus de 119 000 hectares ont déjà brûlé depuis janvier, un total qui dépasse celui de toute l'année 2025. Pour les chercheurs du World Weather Attribution, ces feux ne relèvent plus de l'exception mais d'une tendance appelée à se répéter, tant que les températures continueront de grimper.

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