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Pessac — Environnement

Incendies de l'été : la Région met 15 millions d'euros sur la table et réclame une base de Canadair permanente

40 965 hectares brûlés, 15 000 entreprises touchées : la Région dévoile un plan à 15 millions d'euros et réclame une base de Canadair permanente.

Rédaction L'Échoppe 33
13 septembre 2026 · 2 min de lecture
silhouette of trees on smoke covered forest

Photo by Joanne Francis on Unsplash

Depuis Le Porge, le paysage reste celui d'un désastre : 183 maisons parties en fumée, des hectares de pins calcinés à perte de vue. Six semaines après les mégafeux de Saumos et de Biscarrosse, la Région Nouvelle-Aquitaine a présenté vendredi 11 septembre, lors de sa conférence de rentrée à l'Erea Le Corbusier de Pessac, un plan de 14 mesures baptisé « Panser le présent et penser l'avenir ».

L'enveloppe régionale et européenne s'élève à 15 millions d'euros, avec un effet de levier espéré de 127 millions. Les mesures visent trois objectifs : amortir le choc immédiat (prêts d'urgence, aide à l'évacuation des déchets, soutien aux entreprises en détresse), organiser le rebond du tourisme et de la filière bois, puis reconstruire des massifs plus résistants au changement climatique.

Les chiffres donnent la mesure du sinistre. Selon le dossier de presse régional, 40 965 hectares de forêt ont brûlé, soit environ 5 % des surfaces de pin maritime de Nouvelle-Aquitaine et 3,5 millions de m3 de bois. Quinze mille entreprises ont été directement touchées et les pertes touristiques sur les seules zones évacuées sont déjà estimées à 60 millions d'euros, dans une région où le tourisme pèse 14,8 milliards d'euros, soit 8 % du PIB régional. Sur le Bassin d'Arcachon, la filière ostréicole évalue à 15 millions d'euros son chiffre d'affaires estival, largement compromis.

Au-delà de son propre plan, la Région formule trois demandes à l'État : l'implantation d'une base permanente de bombardiers d'eau en Nouvelle-Aquitaine, avec un pôle de maintenance et de formation qui pourrait s'appuyer sur le pélicandrome de la base aérienne 106 de Mérignac ; faire du massif landais un « laboratoire national » de forêt résiliente ; et transférer davantage de moyens aux régions pour piloter l'adaptation climatique des territoires. Pour Alain Rousset, président du Conseil régional, « le changement d'échelle du risque doit conduire à un changement d'échelle de la réponse publique ».

Ce volontarisme affiché contraste avec la colère qui s'exprimait fin août sur le terrain. Lors d'une réunion publique organisée le 26 août au Porge, environ 500 habitants ont mis en cause la gestion de la crise devant la préfète de Gironde Sophie Brocas, dénonçant un manque de moyens de lutte, des ordres d'évacuation tardifs et un sentiment d'abandon de leur secteur, selon des propos rapportés par France 3 Nouvelle-Aquitaine. La Région, elle, avait ouvert dès le 24 juillet une vingtaine d'internats de lycées, offrant plus de 2 500 places aux pompiers, aux forces de sécurité et aux populations évacuées.

Pour obtenir la solidarité financière européenne via le Fonds de solidarité de l'Union européenne, les dommages chiffrés devront dépasser 1,93 milliard d'euros, soit environ 1,5 % du revenu national brut sur le territoire concerné.

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