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À Bordeaux, plus de 21 000 manifestants selon la préfecture et 22 interpellations le soir

Le cortège contre la vie chère est resté calme jusqu'à la place de la Victoire ; les heurts ont suivi, avec 22 interpellations et six blessés au point…

· 3 min de lecture
Un cortège syndical dense, avec drapeaux rouges et pancartes, remonte une rue bordée d'immeubles de pierre dans le centre de Bordeaux.

Photo by Project:KENO on Unsplash

Entre 21 000 et 120 000. Jeudi 5 novembre, le cortège contre la vie chère parti de la place de la République, à Bordeaux, a donné lieu à deux comptes qui diffèrent d'un facteur d'environ 5,7. La préfecture de la Gironde dénombre « plus de 21 000 personnes » dans son communiqué du soir. La CGT en annonce 120 000, selon ICI.

Les chiffres
Manifestants à Bordeaux, deux comptages, deuxdatesen personnes 030 00060 00090 000120 000 8 70050 00021 000120 0006 oct. police6 oct. organisateurs5 nov. préfecture5 nov. CGT Source : Police et organisateurs le 6 octobre (Rue89 Bordeaux) ; préfecture de la Gironde et CGT le 5 novembre 2026 (ICI) L'Échoppe

Pendant le défilé, le député de la Gironde Loïc Prud'homme écrivait sur Bluesky qu'on allait « dépasser les 60 000 manifestants », en parlant d'une manifestation « inédite à Bordeaux par sa masse ».

L'écart entre la préfecture et les organisateurs n'a rien de nouveau. Lors de la manifestation du 6 octobre, la police avait compté 8 700 participants contre 50 000 selon les organisateurs, soit un rapport de 5,7 environ, comme le 5 novembre (chiffres rapportés par Rue89 Bordeaux). D'une date à l'autre, les deux comptes ont été multipliés par 2,4 : de 8 700 à 21 000 côté préfecture, de 50 000 à 120 000 côté organisateurs. Les deux sources s'accordent donc sur le sens du mouvement, pas sur son ampleur. France 3 Nouvelle-Aquitaine y voit la plus importante manifestation depuis le début de la mobilisation contre la vie chère.

Le défilé a quitté la place de la République avant 13 heures. Il est passé par la place Gambetta, les allées de Tourny, les quais, le cours Victor-Hugo et le cours Pasteur, avant d'arriver place de la Victoire vers 16 h 30, selon le communiqué préfectoral. L'intersyndicale (FO, CGT, FSU, CFDT, Solidaires, UNSA) défendait « nos salaires, nos services publics, l'emploi et l'industrie ». Elle s'inscrit dans le sillage d'environ un mois de mobilisation lycéenne, avec des revendications sur l'état des bâtiments scolaires et l'abrogation de Parcoursup.

Que s'est-il passé le soir ?

Le défilé s'est déroulé sans incident, souligne la préfecture. Les heurts sont venus ensuite. Le communiqué de 19 heures, qui se présente comme un point d'étape, décrit des groupes de 100 à 500 personnes provoquant les forces de l'ordre place de la Victoire et dans les rues voisines, avec jets de projectiles. Il recense un abri de bus dégradé place Pey-Berland et une tentative d'incendie contre un camion de gendarmerie, déjouée, dans le secteur des rues d'Alsace-Lorraine. À cette heure : six blessés, dont trois membres des forces de l'ordre, et 22 interpellations.

La préfecture avait déployé environ 500 policiers et gendarmes, avec le RAID, la brigade de recherche et d'intervention, des véhicules blindés, des lanceurs d'eau et des moyens aériens. Son centre opérationnel départemental était activé dès 12 h 30. La préfète Sophie Brocas avait reconduit l'interdiction de rassemblement dans le centre-ville, à Mérignac Soleil et à Bordeaux Lac, hors parcours déclaré. Cette interdiction fait suite à celle que nous décrivions le 24 octobre. Les arrêtés mentionnent aussi le port d'armes, d'artifices, de produits inflammables et d'équipements de protection, et l'usage de drones. Après le 24 octobre, la Ville avait annoncé plusieurs jours de travaux de nettoyage.

Qu'est-ce qui s'est arrêté dans l'agglomération ?

La grève a pesé sur la vie quotidienne. À Cenon, la piscine était fermée et douze cantines n'ouvraient pas. La commune ne mettait pas en place de service d'accueil minimum, et les parents devaient récupérer leurs enfants à la pause méridienne. Nous détaillions ces fermetures de cantines le 4 novembre. À Gradignan, la commune signalait mardi 3 novembre que plus de 25 % des enseignants étaient grévistes dans cinq écoles ou sections d'école (Lange élémentaire et maternelle, Martinon, Pin Franc élémentaire et maternelle). Un service minimum d'accueil y était assuré de 8 h 45 à 12 h et de 14 h à 16 h 45, et plusieurs circuits de transport scolaire étaient supprimés.

Côté transports, Rue89 Bordeaux relevait avant la journée 5 % de grévistes chez TBM, 9 TGV sur 10 en circulation et un TER sur deux en Nouvelle-Aquitaine. Dans la culture, le tnba annulait à 20 heures le spectacle « Faire parler les archives des non-alignés », de Mila Turajlić, ses salariés étant en grève. Il proposait un remboursement ou un report au vendredi 6 novembre à 20 heures ou au samedi 7 novembre à 18 heures. L'Université de Bordeaux a reporté au 12 février 2027 un événement, « en raison du contexte actuel et des mobilisations », sans le nommer dans son message. Selon les représentants du personnel cités par Rue89, 45 des 72 musiciens de l'orchestre national Bordeaux Aquitaine étaient grévistes.

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Sources

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